Le golf, c’est un sport bizarre. Tu as des coups très différents, des intensités très différentes, et une grosse part mentale. Donc si tu fais « un peu de tout » à chaque séance, tu te rassures… mais tu avances lentement. Si tu structures ta semaine, même simplement, tu construis quelque chose.
Je te propose un vrai programme hebdo, adaptable, avec des exemples concrets selon le temps que tu as, ton niveau, et tes objectifs.
Pourquoi un programme hebdo change tout
Le plus gros piège, c’est la séance « fourre tout » : tu arrives au practice, tu tapes 40 balles au fer 7, 15 drivers, tu puttes 5 minutes, et tu rentres. Sensation agréable. Zéro direction.
Un programme de semaine sert à trois choses :
- éviter de sur-travailler le long jeu (c’est le plus fun… mais pas le plus rentable)
- donner une place fixe au petit jeu et au putting (là où tu gagnes des coups vite)
- créer un fil rouge mesurable, donc moins d’émotions, plus de progrès
Et puis, un truc simple : ton corps apprend mieux avec de petites doses répétées qu’avec une énorme séance le dimanche.
Le principe de base : 3 piliers, et le parcours en juge de paix
Si tu veux une structure facile à retenir :
- long jeu (fer, bois, driver)
- petit jeu (approches, sorties de bunker, wedges)
- putting (technique + dosage)
Et ensuite, tu ajoutes le parcours (ou une séance « situation ») qui te dit la vérité. Pas ton swing au ralenti, pas tes sensations. La carte.
Dans une semaine idéale, tu veux que le petit jeu et le putting prennent au moins autant de place que le long jeu. Oui, même si ton driver te fait honte. Surtout si ton driver te fait honte, d’ailleurs.
Avant de planifier : choisis ton objectif du moment
Tu ne peux pas optimiser tout en même temps. Donc chaque semaine, ou chaque cycle de 2 semaines, tu choisis une priorité.
Exemples d’objectifs très concrets :
- réduire les 3 putts
- mieux sortir des bunkers de green
- stabiliser la mise en jeu (moins de balles perdues)
- améliorer la régularité au fer (contact et dispersion)
- scorer mieux à 100 mètres et moins
Petit test rapide : regarde tes 3 derniers parcours et note où tu as vraiment perdu des coups. Pas « j’ai mal swingé ». Des chiffres : balles perdues, pénalités, 3 putts, approches ratées, sorties de bunker, etc.
Ta semaine doit répondre à ça.
La répartition simple qui marche pour la plupart des golfeurs
Une base assez universelle, si tu as au moins 3 séances dans la semaine :
- 40 % putting
- 35 % petit jeu
- 25 % long jeu
Ça surprend toujours. Et pourtant, c’est souvent là que ça bascule.
Si tu n’as qu’une seule séance : ok, tu ne feras pas 40 % putting… mais tu peux quand même te forcer à finir par 20 minutes de putting à chaque fois. Toujours. Même quand tu es pressé.

Programme golf sur 2 séances par semaine
Tu as peu de temps. Donc il faut être brutalement efficace.
Séance 1 : petit jeu + putting (priorité score)
- Échauffement 5 minutes : mains, épaules, rotations, quelques chips sans balle.
Putting – 25 minutes
- 10 minutes de 1 à 1,5 mètre : routine, face de club, départ en ligne.
- 15 minutes de dosage : putts longs de 6 à 12 mètres, objectif zone.
Petit jeu – 35 minutes
- 20 minutes d'approches roulées et semi-levées : différentes trajectoires, même cible.
- 15 minutes de wedges plus levés : priorité au contact et au point de chute.
- Mini défi 5 minutes : « up and down » sur 9 balles, noter le score.
Séance 2 : long jeu + mise en jeu + transition vers le score
- Échauffement 10 minutes : fers courts, tempo.
- Fers 25 minutes : travail de dispersion sur une cible, pas juste « taper ».
- Driver / bois 20 minutes : routine complète, un objectif de couloir.
- Wedges 15 minutes (50 à 90 mètres) : 3 distances, 5 balles chacune.
- Putting 10 minutes pour finir : 20 putts à 1 mètre — si un putt est raté, recommencer un mini bloc.
Si tu joues un 9 trous à la place de la séance 2, encore mieux. Noter 2 stats : pénalités au départ et nombre de putts.
Programme golf sur 3 séances par semaine (le format « normal »)
Là tu peux faire quelque chose de propre.
Séance 1 : putting dominant
- 10 minutes : alignement et routine à 1 mètre.
- 20 minutes : dosage par échelle de distance et zones.
- 15 minutes : lecture de green — sur un vrai green si possible, sinon à l'instinct mais avec routine.
- 15 minutes : petit jeu rapide — chips roulés, 1 cible, 3 trajectoires.
Objectif : sortir de la séance avec une routine claire et répétable.

Séance 2 : petit jeu dominant
- 10 minutes : échauffement wedge et contact
- 30 minutes : approches (varier lies : rough, fairway, descente, montée)
- 15 minutes : bunker (si tu peux), sinon wedges levés
- 15 minutes : putting court sous pression (séries à réussir) Objectif : améliorer ton taux de sauvetage. C’est là que les index chutent.
Séance 3 : long jeu structuré
- 10 minutes : fers courts, rythme
- 25 minutes : fers moyens et longs (alternance de clubs, pas 20 fois le même)
- 20 minutes : mise en jeu (driver ou bois 3 selon ton jeu)
- 15 minutes : wedges de distance (3 repères) Objectif : réduire la dispersion et les gros ratés, pas « trouver le swing parfait ».
Si tu peux intégrer un parcours (9 ou 18) dans la semaine, tu remplaces une séance long jeu par le parcours, et tu gardes quand même une mini dose de putting avant ou après. Même 15 minutes.
Programme golf sur 4 à 5 séances par semaine (progression rapide, mais attention)
Tu progresses vite, mais tu peux aussi te cramer. Le danger, c’est le sur-entraînement technique. Trop de pensées. Trop de mécanique.
Ici, l’idée c’est : plus de répétition, mais moins d’intensité mentale par séance. Et plus de « jeu » que de « swing ».
Exemple sur 5 séances
- putting technique + pression (45 à 60 minutes)
- petit jeu (approches + bunker) (60 minutes)
- long jeu (fers + départs) (60 minutes)
- séance « parcours » : 9 trous ou parcours compact, ou simulateur en mode score
- séance mixte légère : wedges + putting, et basta
Et tu gardes 1 jour off. Vraiment off. Le corps et le cerveau apprennent aussi quand tu ne joues pas.
À quoi ressemble une bonne séance (peu importe le thème)
Tu veux une séance avec un début, un milieu, une fin. Ça paraît bête, mais beaucoup de gens errent.
Une structure simple :
- échauffement (5 à 10 minutes)
- bloc technique (10 à 20 minutes) : un seul point clé
- bloc « cible » (20 à 30 minutes) : tu vises, tu observes, tu ajustes
- bloc pression / jeu (10 à 15 minutes) : une règle, un score, un enjeu
Sans pression, tu t’entraînes à bien taper des balles. Avec pression, tu t’entraînes à jouer au golf.
Le truc que presque personne ne fait : planifier la semaine autour de ton énergie
Tu n’as pas la même tête un mardi soir qu’un samedi matin.
Donc, place :
- technique et long jeu quand tu es frais (souvent début de journée, ou séance où tu as du temps)
- petit jeu et putting quand tu es fatigué : ça passe mieux, et c’est plus fin, plus calme
- parcours quand tu peux être présent mentalement
Et si tu as 30 minutes seulement, ne va pas au driver. Va au putting. C’est la meilleure rentabilité minute pour la majorité des joueurs.
Mes exercices préférés pour structurer sans te prendre la tête
Putting : le cercle de réussite
Tu poses 6 balles autour du trou à 1 mètre. Tu dois faire 6 sur 6. Si tu rates, tu recommences mais tu notes combien de tentatives. Ça met un peu de pression, et ça révèle ta routine.
Putting dosage : la zone, pas le trou
Tu choisis un putt long et tu te fixes une zone de 60 cm autour du trou. Objectif : 10 balles, au moins 7 dans la zone. Si tu es court ou long de 2 mètres, tu ajustes ton intention, pas ton geste au hasard.
Approches : 3 trajectoires, même cible
Même drapeau, tu fais une roulée, une moyenne, une haute. Ça t’oblige à contrôler face et vitesse, au lieu de « prier ».
Wedging : 3 distances fixes
Par exemple 50, 70, 90 m. Tu fais 5 balles à chaque distance, tu notes combien finissent dans une zone. Si tu ne notes pas, tu oublieras tout.
Mise en jeu : le couloir
Sur le practice, tu te crées un couloir imaginaire (ou entre deux repères). Tu joues 10 mises en jeu comme au départ : routine complète, une balle, tu recules, tu recommences. Pas de mitraillette.

Comment savoir si ton programme marche (sans te mentir)
Tu suis 3 indicateurs simples pendant 3 semaines :
- nombre de 3 putts par parcours
- pénalités (balle perdue, hors limites, eau)
- up and down réussis (quand tu rates le green en régulation)
Même si ton swing « semble » moins bien pendant une phase, si ces stats s’améliorent, tu progresses. C’est ça le golf.
Et si rien ne bouge ? Tu ne changes pas tout. Tu ajustes un seul levier : soit tu augmentes le putting, soit tu ajoutes une séance parcours, soit tu réduis la technique et tu mets plus de jeux à thème.
Erreurs classiques quand on organise sa semaine
Faire du long jeu à chaque séance « parce que sinon je perds »
Tu ne perds pas en une semaine. Et si tu as peur de perdre, fais 10 minutes de long jeu au début. Pas 60.
Ne jamais s’entraîner au putting sous pression
Sur le parcours, tu as un score. Au practice, tu as juste… des balles. Il faut recréer un enjeu.
S’entraîner trop dur juste avant une partie
La veille d’un parcours important, fais léger : putting, chips, sensations. Pas de chirurgie du swing.
Tout changer après une mauvaise séance
Une mauvaise séance, ça arrive. Une mauvaise semaine, ok. Mais un programme se juge sur un cycle, pas sur ton humeur du mercredi.
Exemples de semaines toutes prêtes (tu peux copier coller)
Semaine type « je veux scorer plus vite » (3 séances)
- mardi : putting 45 min + chips 15 min
- jeudi : petit jeu 60 min (approches + bunker)
- week-end : 9 ou 18 trous + 15 min putting avant
Semaine type « mon problème c’est la mise en jeu » (3 séances)
- séance 1 : driver couloir + bois 3 + fers de recentrage
- séance 2 : putting + petit jeu (obligatoire, sinon tu vas te perdre)
- séance 3 : parcours en mode « sécurité » : tu joues pour éviter les pénalités, même si c’est moins long
Semaine type « j’ai 30 minutes par séance » (4 micro séances)
- 2 fois 30 min putting (court + dosage)
- 1 fois 30 min approches
- 1 fois 30 min long jeu (fers + 10 drivers en routine)
Oui, 4 fois 30 minutes, c’est souvent mieux qu’une seule séance de 2 heures.
Petite conclusion (et un plan simple à suivre dès demain)
Si tu veux un truc simple, fais ça pendant 2 semaines :
- 2 séances putting
- 1 séance petit jeu
- 1 séance long jeu ou un 9 trous
- et tu notes tes stats sur le parcours
Tu n’as pas besoin d’un programme parfait. Tu as besoin d’un programme que tu fais vraiment.
Et honnêtement, au bout de 3 ou 4 semaines, tu vas le sentir. Moins de coups « cadeaux » donnés au putting. Plus de confiance autour des greens. Et bizarrement… ton long jeu te paraîtra plus facile aussi. Parce que tu joues moins crispé. Tu sais que tu peux sauver un trou, même après un coup moyen. C’est ça, le vrai confort au golf.
Questions fréquemment posées
Pourquoi est-il important d'avoir un programme hebdomadaire structuré en golf ?
Un programme hebdomadaire structuré évite la séance "fourre-tout" inefficace, équilibre le travail entre long jeu, petit jeu et putting, et crée un fil rouge mesurable pour progresser avec moins d'émotions et plus de résultats concrets.
Quels sont les trois piliers essentiels à travailler dans une semaine de golf ?
Les trois piliers essentiels sont : 1) le long jeu (fer, bois, driver), 2) le petit jeu (approches, sorties de bunker, wedges), et 3) le putting (technique et dosage). Le parcours sert ensuite de juge de paix pour évaluer les progrès.
Comment choisir l'objectif principal à travailler chaque semaine ?
Il faut analyser ses derniers parcours en notant précisément où on a perdu des coups (balles perdues, pénalités, 3 putts, approches ratées, sorties de bunker). Ensuite, on choisit un objectif clair et prioritaire à améliorer lors du cycle d'entraînement.
Quelle est la répartition idéale du temps d'entraînement entre putting, petit jeu et long jeu ?
Pour au moins 3 séances par semaine, la répartition recommandée est : 40 % putting, 35 % petit jeu, et 25 % long jeu. Même avec une seule séance, il est conseillé de finir toujours par au moins 20 minutes de putting.
Comment organiser efficacement deux séances d'entraînement par semaine ?
Séance 1 : petit jeu + putting avec échauffement, travail spécifique sur le putting court et long dosage, suivi d'approches roulées et wedges. Séance 2 : long jeu + mise en jeu avec échauffement ciblé sur fers courts puis travail sur dispersion des fers, driver/bois avec objectifs précis et wedges distances variées. Finir toujours par du putting.
Pourquoi le petit jeu et le putting sont-ils prioritaires même si mon driver est faible ?
Le petit jeu et le putting représentent les zones où l'on peut rapidement gagner des coups. Même si votre driver est perfectible ou vous fait honte, consacrer suffisamment de temps à ces aspects permet d'améliorer significativement votre score.


