Le jeu du moulin. On l'appelle aussi « neuf hommes morris » dans d'autres coins du monde, mais chez nous, c'est ce jeu de plateau un peu austère au premier regard. Et pourtant, dès la première partie, on comprend vite pourquoi il traverse les générations.
Il a ce truc rare. Des règles simples à expliquer en deux minutes, puis une profondeur tactique qui vous attrape et ne vous lâche plus. On pose, on aligne, on piège. On se fait piéger aussi. Et surtout, on apprend à anticiper. Pas juste le prochain coup, mais les deux ou trois d'après.
Dans cet article, je vous donne les règles du jeu du moulin de manière claire, avec les phases, les prises, les conditions de victoire, et quelques petits détails qui évitent les disputes du genre « non mais tu n'as pas le droit de prendre celui là ».
Sommaire
- De quoi avez-vous besoin pour jouer ?
- But du jeu : former des moulins et prendre des pions
- Déroulement d'une partie : les 3 phases
- Phase 1 : placement des pions
- Phase 2 : déplacement sur points adjacents
- Phase 3 : quand il ne reste que 3 pions, le « vol »
- Règle des prises : comment retirer un pion
- Comment gagner une partie ?
- Match nul : les cas les plus courants
- Petites précisions qui sauvent des parties
- Quelques conseils simples pour mieux jouer
De quoi avez-vous besoin pour jouer ?
Pour jouer au jeu du moulin, il vous faut :
- un plateau de moulin (le classique avec des points reliés par des lignes, souvent 24 intersections)
- 18 pions au total : 9 d’une couleur, 9 d’une autre
- 2 joueurs
C’est tout. Pas de dés, pas de cartes, pas d’aléatoire. Donc oui, si vous perdez, c’est rarement « la faute de la chance ».
But du jeu : former des moulins et prendre des pions
Le but, c’est de former un « moulin » : trois pions de votre couleur alignés sur une même ligne du plateau, sur les trois points prévus pour cet alignement.
Quand vous formez un moulin, vous avez le droit (et même l’obligation, on y revient) de capturer un pion adverse, c’est à dire de le retirer du plateau.
À force de prises, vous réduisez l’adversaire, vous le bloquez, ou vous l’amenez à une situation où il ne peut plus jouer correctement.
Déroulement d’une partie : les 3 phases
Une partie de moulin se joue en trois temps. Et c’est important de bien les distinguer, parce que beaucoup d’erreurs viennent de là.
Phase 1 : placement des pions
Le jeu commence avec le plateau vide.
À tour de rôle, chaque joueur place un de ses 9 pions sur n’importe quel point libre du plateau.
Règle essentielle : pendant cette phase, il est interdit de déplacer un pion déjà posé. On pose, point. Même si on regrette. Même si on voit un meilleur coup. C’est ça qui rend la phase de placement vraiment tendue, parce qu’un mauvais placement se paie plus tard.
La phase 1 se termine quand les 18 pions sont sur le plateau.
Phase 2 : déplacement sur points adjacents
Une fois tous les pions placés, on passe au déplacement.
À tour de rôle, chaque joueur déplace un de ses pions vers un point adjacent libre. Adjacent veut dire relié par une ligne, directement. On suit les lignes du plateau, pas de saut, pas de diagonale « imaginaire ».
À chaque déplacement, on vérifie : est ce que ce coup vient de compléter un moulin ? Si oui, prise.
Et c’est souvent là que le jeu devient plus « vivant ». On n’est plus dans la construction, on est dans le contrôle du territoire. On ferme des lignes, on ouvre des menaces, on casse des moulins, on fait des moulins « temporaires » juste pour forcer une prise.
Phase 3 : quand il ne reste que 3 pions, le « vol »
Quand un joueur n’a plus que 3 pions sur le plateau (après avoir subi des prises), il entre dans une règle spéciale souvent appelée « vol » ou « saut ».
À partir de ce moment, ce joueur peut déplacer ses pions librement vers n’importe quel point libre du plateau. Plus besoin de rester sur les points adjacents.
Ça change tout.
On pourrait croire que c’est un avantage énorme, et ça l’est un peu. Mais en réalité, si vous êtes à 3 pions, c’est aussi que vous êtes à un souffle de la défaite. Le saut sert surtout à éviter un blocage trop facile et à donner une chance de revenir, parfois. Pas toujours.

Règle des prises : comment retirer un pion
Dès qu’un joueur complète un moulin, il doit capturer un pion adverse. La prise est obligatoire.
Même si :
- le moulin a déjà été fait auparavant dans la partie
- vous reformez un moulin en ramenant un pion sur une position qu’il occupait déjà dans un ancien moulin
- vous avez l’impression que « ça ne devrait pas compter », si si, ça compte
Ensuite, quel pion peut-on prendre ?
- En priorité, vous devez choisir un pion adverse qui ne fait pas partie d’un moulin.
- Si tous les pions adverses sont dans des moulins, alors vous pouvez en prendre un au choix, même dans un moulin.
Le pion capturé est retiré du plateau et ne revient jamais en jeu.
Petit détail qui compte : on retire un seul pion par moulin formé. Même si, sur certains coups, vous avez l’impression d’avoir créé deux alignements en même temps. Selon les règles classiques, ça reste une seule prise. Si vous jouez avec une variante « double moulin = double prise », mettez vous d’accord avant la partie, sinon… ça va discuter.
Comment gagner une partie ?
Il y a deux façons principales de gagner.
Victoire par prises
Un joueur gagne s’il réduit l’adversaire à 2 pions sur le plateau. Avec 2 pions, impossible de former un moulin, donc la partie est terminée.
En pratique, ça correspond à avoir effectué 7 prises (puisque l’adversaire commence avec 9 pions). Mais retenez la condition simple : dès que l’adversaire tombe à 2 pions, c’est fini.
Victoire par blocage
L’autre victoire, un peu plus « sournoise » et très satisfaisante quand elle est bien faite : bloquer l’adversaire.
Si, au début de son tour, un joueur ne peut effectuer aucun mouvement légal (tous ses pions sont bloqués, aucun point adjacent libre, et il n’est pas en mode « saut »), alors il perd.
C’est une victoire très typique du moulin. Parfois, vous n’avez même pas besoin de prendre beaucoup de pions, vous verrouillez juste le plateau.
Match nul : les cas les plus courants
Oui, le moulin peut finir en match nul. Et ça arrive plus souvent qu’on ne le croit, surtout entre joueurs de niveau proche.
Deux cas classiques :
Nulle par stagnation
Si les deux joueurs effectuent 50 coups sans qu’aucune prise ne soit faite, la partie est nulle.
C’est une règle anti boucle. Elle évite les parties interminables où chacun tourne en rond, littéralement.
Nulle par répétition
Si la même position (disposition des pions) se répète trois fois, la partie est déclarée nulle.
Là aussi, c’est pour éviter les répétitions volontaires du style « je casse ton moulin, tu le reformes, je le recasse, tu le reformes… » sans qu’aucun camp ne progresse.
Important : dans la vraie vie, beaucoup de gens ne comptent pas officiellement ces règles. Ils sentent juste que « ça tourne » et ils arrêtent. Mais si vous voulez jouer proprement, surtout en club ou en tournoi, ces nulles sont utiles.

Petites précisions qui sauvent des parties
Quelques points que je vois souvent mal compris, et qui peuvent ruiner une partie si on n’est pas d’accord.
- Un moulin, c’est uniquement sur les lignes prévues du plateau. Trois pions « à peu près alignés » ne comptent pas.
- Pendant le placement, on ne bouge rien. Même pas « juste pour corriger ».
- Si vous formez un moulin, vous prenez tout de suite. Vous ne pouvez pas « garder la prise pour plus tard ».
- On ne prend pas un pion au hasard. On respecte la règle « hors moulin si possible ».
- Quand vous êtes à 3 pions, vous pouvez sauter vers n’importe quel point libre, oui. Mais vous ne pouvez pas capturer sans former un moulin, évidemment.
Et un dernier truc, plus psychologique que règle, mais bon. Le moulin, c’est un jeu où on a vite envie de dire « c’était obligé ». Alors que non. Il y a presque toujours une autre option. C’est ce qui rend le jeu parfois un peu cruel.
Quelques conseils simples pour mieux jouer
Je garde ça simple, parce que l’article est sur les règles, pas un cours complet. Mais si vous débutez, ces réflexes font une vraie différence.
1. Ne posez pas vos pions au hasard en phase 1
Le placement décide souvent de la partie. Essayez de :
- créer des menaces de moulin
- éviter de laisser l’adversaire faire un moulin facile au coup suivant
- occuper des points qui contrôlent plusieurs lignes possibles (les intersections « centrales » du plateau, selon le dessin)
2. Apprenez à faire des « moulins ouverts »
Un moulin ouvert, c’est quand vous avez deux pions alignés et qu’il ne manque qu’un point pour compléter. Ça force l’adversaire à répondre, ou il se fait punir.
Et parfois, vous pouvez en créer deux à la fois. Là, c’est très fort, parce que l’adversaire ne peut pas tout bloquer.
3. En phase 2, jouez pour casser et reformer
C’est le coeur du jeu. Vous déplacez un pion pour casser votre moulin, puis vous le remettez au tour suivant pour le reformer et reprendre. Tant que l’adversaire ne peut pas vous empêcher de refaire l’alignement, vous gagnez des prises « à la chaîne ».
Évidemment, l’adversaire voit ça venir. Donc tout l’art consiste à préparer ce mécanisme sans vous faire bloquer, et sans offrir un moulin gratuit en échange.
4. Pensez blocage, pas seulement prises
Beaucoup de débutants ne cherchent que les prises. Mais parfois, la meilleure décision, c’est de verrouiller une zone, de réduire les mouvements possibles de l’autre, et de le forcer à un mauvais déplacement.
Le moulin récompense la patience. Même quand c’est un peu frustrant, oui.
Pour finir
Le jeu du moulin, c’est un duel tactique pur. On pose 9 pions, on manœuvre, on forme des moulins, on capture, on bloque. Et on recommence, parce qu’on a toujours l’impression qu’on aurait pu jouer autrement.
Si vous voulez une règle à retenir, une seule, celle qui structure tout le reste : « forme un moulin, prends un pion ». C’est la mécanique centrale. Le reste, c’est votre capacité à construire des menaces et à éviter celles de l’autre.
Amusez-vous bien. Et si vous perdez la première, ce n’est pas grave. Le moulin, on le comprend vraiment à la troisième partie. Parfois à la dixième.
Questions fréquemment posées
Qu'est-ce que le jeu du moulin et comment est-il aussi appelé dans d'autres régions ?
Le jeu du moulin, également connu sous le nom de « neuf hommes morris » dans d'autres parties du monde, est un jeu de plateau stratégique où deux joueurs s'affrontent en posant et déplaçant des pions dans le but de former des alignements appelés "moulins".
De quoi ai-je besoin pour jouer au jeu du moulin ?
Pour jouer au jeu du moulin, il vous faut un plateau spécifique avec 24 intersections reliées par des lignes, 18 pions au total (9 d'une couleur et 9 d'une autre), et deux joueurs. Aucun dé ou carte n'est nécessaire, ce qui fait que la chance n'intervient pas dans le résultat.
Comment se déroule une partie du jeu du moulin ?
Une partie se déroule en trois phases distinctes : la phase 1 où chaque joueur place tour à tour ses 9 pions sur des points libres sans les déplacer ; la phase 2 où les joueurs déplacent leurs pions vers des points adjacents libres en suivant les lignes du plateau ; et la phase 3 qui commence quand un joueur n'a plus que 3 pions, lui permettant alors de "voler" ses pions.
Quelles sont les règles pour retirer un pion adverse lors d'une prise ?
Lorsqu'un joueur forme un moulin, il doit obligatoirement retirer un pion adverse qui n'est pas actuellement dans un moulin. Si tous les pions adverses sont dans des moulins, alors il peut en retirer un quelconque. Ces règles évitent les disputes et assurent un jeu équitable.
Comment gagne-t-on une partie au jeu du moulin ?
La victoire s'obtient soit en réduisant l'adversaire à moins de trois pions, ce qui l'empêche de former des moulins ou de bouger efficacement, soit en bloquant tous ses mouvements possibles, l'empêchant ainsi de jouer son tour.


