On a l’impression que tout est très codé. Et puis on se demande, très concrètement : « Ok, mais moi, je fais quoi pendant une heure ou une heure et demie ? »
Une séance d’aïkido, c’est à la fois simple et très structuré. Ça suit souvent le même fil, ce qui est rassurant quand on débute. Et en même temps, aucune séance ne se ressemble vraiment, parce que le partenaire change, l’énergie du groupe change, et le thème du jour aussi.
Je te détaille tout, dans l’ordre. Avec ce que tu vas voir, ce que tu vas faire, et ce que tu peux ressentir, aussi.
Avant de monter sur le tatami : arrivée, tenue, petites règles
En général, tu arrives un peu en avance. Pas une demi-heure, hein. Mais 5 à 10 minutes, c’est bien, surtout au début.
Tu vas te changer. La tenue classique, c’est un keikogi (souvent appelé « kimono » par réflexe, mais en aïkido on dit plutôt keikogi), blanc, avec une ceinture. L’hakama (le pantalon plissé noir ou bleu) vient plus tard selon les clubs. Certains le donnent après un certain temps, d’autres plus tôt, d’autres selon le grade. Donc ne te prends pas la tête là-dessus.
Tu enlèves chaussures et chaussettes avant le tatami. On monte pieds nus. Hygiène simple, ongles courts, pas de bijoux. Ça paraît un détail, mais en saisies, une bague ou une montre, ça devient vite un problème.
Et tu vas aussi remarquer un truc : il y a une étiquette. Pas pour faire joli. Pour que tout se passe bien et que tout le monde soit attentif.
Souvent, on salue en entrant dans le dojo, puis en montant sur le tatami. Pas besoin d’en faire trop. Tu observes, tu suis le mouvement du groupe, et ça vient tout seul.
Début de séance : salut et mise en place
La séance commence généralement par l’alignement des pratiquants. On se met en seiza (à genoux) ou parfois assis autrement si le seiza est compliqué pour toi. Dans ce cas, tu le dis au professeur, discrètement, et tu t’adaptes.
Il y a un salut, parfois vers le kamiza (l’espace symbolique du dojo), puis vers l’enseignant. On peut entendre « Onegaishimasu », qui veut dire quelque chose comme « s’il vous plaît », mais dans le sens : « je m’en remets à la pratique avec vous ». C’est une façon de dire qu’on est là, ensemble, pour travailler.
Ce moment est court, calme. Ça marque une coupure avec l’extérieur. C’est bête, mais après une journée de boulot, ça fait vraiment comme un interrupteur.
Échauffement : préparer le corps, et aussi la tête
Ensuite, échauffement. Il varie selon les écoles et les profs, mais il y a des grands classiques.
On commence souvent par mobiliser les articulations : cou, épaules, coudes, poignets, hanches, genoux, chevilles. Puis un peu de cardio léger, des déplacements, parfois des étirements dynamiques.
En aïkido, on insiste pas mal sur le centre, la posture, l’axe. Tu vas entendre parler de hara, de stabilité, de relâchement. Et ça peut sembler abstrait. Mais tu le sens très vite dans le corps : si tu es raide, tu forces. Si tu t’effondres, tu subis. L’idée, c’est d’être tonique sans être crispé.
Dans beaucoup de dojos, on fait aussi des exercices spécifiques :
- mouvements de bras pour délier les épaules
- travail de respiration
- exercices de coordination
- parfois un peu de renforcement léger, pompe, gainage, ça dépend
Et puis, souvent, on aborde les chutes.

Ukemi : apprendre à tomber, rouler, se protéger
L’ukemi, c’est l’art de recevoir. Recevoir une projection, recevoir un déséquilibre, et surtout, se protéger.
Au début, c’est ce qui impressionne le plus. On voit des roulades avant, arrière, des chutes sur le côté. Et on se dit : « Je vais me casser un truc. » En vrai, c’est progressif. Personne ne te demandera de faire une grande roulade de film d’action à la première séance.
On commence par des exercices simples :
- arrondir le dos, protéger la nuque
- apprendre à « taper » correctement avec le bras pour amortir (la fameuse chute plate)
- roulades très basses, parfois depuis les genoux
- déplacements en gardant le contact avec le sol
Et c’est là que tu comprends un truc important : l’aïkido n’est pas « juste » des techniques. C’est aussi une éducation du corps. Tomber sans panique, se relever vite, garder une respiration. Ça sert sur le tatami, et ça sert ailleurs aussi.
Le thème du jour : techniques à mains nues
Après l’échauffement, le cours entre dans le vif. En général, le professeur annonce ou montre un thème. Pas toujours avec des mots. Parfois il démontre directement.
Une séance peut être organisée autour :
- d’une attaque : saisie au poignet (katate-dori), aux deux poignets (ryote-dori), saisie à l’épaule, attaque au visage (shomen-uchi, yokomen-uchi), etc.
- d’une famille de techniques : ikkyo, nikyo, sankyo, shiho-nage, irimi-nage, kote-gaeshi
- d’un principe : entrer (irimi), tourner (tenkan), distance (ma-ai), timing
- d’un déplacement : tai sabaki, hanmi, pivot, pas glissé
Tu travailles par deux. Il y a un rôle actif et un rôle qui « donne » l’attaque. On appelle souvent tori (celui qui fait la technique) et uke (celui qui attaque et reçoit).
Et là, c’est une surprise pour beaucoup : uke n’est pas un figurant. Uke apprend énormément. Il apprend à attaquer franchement, à sentir le déséquilibre, à chuter au bon moment, à rester présent. Donc même quand tu « reçois », tu bosses.

Comment une technique est travaillée, concrètement
Souvent, ça se passe comme ça :
- Le professeur montre la technique une ou plusieurs fois, sur un uke expérimenté.
- Il insiste sur un détail : la main, l’angle, le placement du bassin, la direction du regard.
- Les élèves se mettent par deux et reproduisent, lentement.
- Le professeur circule, corrige, ajuste.
- On change de partenaire au bout de quelques minutes.
Le rythme est souvent tranquille. Ce n’est pas un sport de combat où ça part à fond tout de suite. En aïkido, on cherche d’abord la précision, la sensation, la sécurité.
Tu vas entendre des consignes du style : « ne tire pas avec les bras », « avance avec le centre », « relâche les épaules ». Et au début, tu vas te dire : « Ok, mais comment je fais, là, tout de suite ? » C’est normal. Tu apprends petit bout par petit bout.
Variantes : répétitions, intensité, travail plus libre
Selon le niveau du groupe, la séance peut évoluer vers quelque chose de plus dynamique.
Il peut y avoir :
- des répétitions en chaîne : faire la même technique plusieurs fois de suite, en avançant sur le tatami
- des enchaînements : une technique qui se transforme en une autre si uke résiste ou bouge différemment
- un travail plus fluide : moins de pauses, plus de continuité
- du randori (plus rare selon les clubs) : plusieurs attaques, tori doit gérer le déplacement et la priorité
Mais attention, même quand ça accélère, l’objectif reste le contrôle, pas la domination. Ça ne veut pas dire « gentil ». Ça veut dire : propre, maîtrisé, et responsable.
Et puis, on change souvent de partenaire. C’est important. Parce que chaque corps est différent. Taille, force, souplesse, vitesse. Si tu ne travailles qu’avec une personne, tu crois que tu sais faire. Et puis tu changes, et tu réalises que tu dois t’adapter. Voilà. C’est ça, l’aïkido.

Armes (selon les dojos) : bokken, jo, tanto
Dans certains clubs, une partie de la séance inclut le travail aux armes. Pas forcément à chaque cours. Parfois une fois par semaine, parfois par période.
Les armes principales :
- bokken : sabre en bois
- jo : bâton
- tanto : couteau en bois
Ce travail n’est pas là pour jouer au samouraï. Il sert à comprendre les lignes, la distance, la posture, l’engagement. Et aussi à rendre certains principes plus visibles. Avec une arme, tu ne peux pas tricher avec la distance. Tu le sens tout de suite.
Quand les armes sont au programme, le prof explique les règles de sécurité. On ne s’amuse pas à improviser. On garde le contrôle, on respecte les angles, on garde de l’espace.
Et même si tu débutes, tu peux souvent participer avec des versions très simples : tenir correctement, faire des coupes de base, apprendre à se déplacer. Rien d’élitiste, en principe.
Corrections et apprentissage : ce qui se passe vraiment dans ta tête
Un truc qu’on ne dit pas assez : en aïkido, tu apprends beaucoup par imitation et par sensation. Le professeur corrige parfois en touchant, en repositionnant. Un partenaire peut te dire : « là, tu me fais mal au poignet » ou au contraire : « là, je ne sens rien, je ne tombe pas ». Et ça devient une conversation physique.
Il y a des jours où tout marche. Et le lendemain, plus rien. C’est normal aussi.
Souvent, le déclic vient d’un détail idiot : un pas plus petit, une main plus basse, un regard plus loin. Et tu te dis : « Ah, ok. Donc c’était ça. » Puis tu reperds le truc. Puis tu le retrouves.
Pacing un peu en dents de scie, oui. Mais c’est le processus.
Fin de séance : retour au calme, salut, nettoyage parfois
La séance se termine souvent par un retour au calme. Un peu d’étirements, ou quelques respirations, ou juste un moment à genoux pour se recentrer.
Puis salut final. Même protocole qu’au début. On remercie. Encore une fois, ce n’est pas théâtral. C’est un cadre.
Dans certains dojos, il y a aussi un petit nettoyage du tatami. Ça peut surprendre au début. Mais ça fait partie de l’esprit : tu prends soin du lieu où tu pratiques, et tu le fais avec les autres. C’est simple, et ça crée une ambiance.
Après ça, tu te changes, tu discutes deux minutes, ou pas. Parfois tu as envie de parler. Parfois tu es juste silencieux, parce que tu sens ton corps différemment.
À quoi t’attendre quand tu débutes (vraiment)
Pour une première séance, voilà ce qui est le plus courant :
- tu vas être un peu perdu sur les mots et les codes
- tu vas te demander où mettre tes mains, tes pieds, et ton cerveau
- tu vas faire des chutes très simples, ou juste regarder si c’est ta toute première fois
- tu vas transpirer, parfois plus que prévu
- tu vas sentir des muscles « oubliés » le lendemain
Et c’est ok.
Le plus important au début, ce n’est pas de réussir une technique. C’est de comprendre l’esprit du cours : sécurité, progression, écoute. Ne pas se crisper. Ne pas vouloir gagner. Être présent.
Si tu ne retiens qu’une phrase, garde celle-là : en aïkido, on apprend à faire avec l’autre, pas contre l’autre.
Petite conclusion, et un conseil simple
Une séance d’aïkido, c’est un mélange. Un cadre très clair, mais un contenu vivant. Échauffement, ukemi, techniques, parfois armes, puis retour au calme. Tu alternes rôle d’attaque et rôle de réception. Tu changes de partenaire. Tu apprends à bouger, à respirer, à chuter, à contrôler sans brutalité.
Et si tu veux un conseil très concret avant ton premier cours : viens détendu, dis au professeur que tu débutes, et accepte de ne pas tout comprendre. Franchement, c’est presque le but.
Le reste arrive. Un cours après l’autre.
Questions fréquemment posées
Qu'est-ce que je dois porter pour une séance d'aïkido ?
Pour une séance d'aïkido, la tenue classique est le keikogi blanc avec une ceinture. L'hakama, un pantalon plissé noir ou bleu, est généralement porté plus tard selon les clubs et le grade. Il faut aussi enlever chaussures et chaussettes avant de monter sur le tatami, pratiquer pieds nus, avoir les ongles courts et ne pas porter de bijoux pour des raisons d'hygiène et de sécurité.
Comment se déroule le début d'une séance d'aïkido ?
La séance commence par l'alignement des pratiquants en position seiza (à genoux) ou une autre position assise adaptée. On effectue un salut vers le kamiza (l'espace symbolique du dojo) puis vers l'enseignant. On peut entendre « Onegaishimasu », qui signifie « je m’en remets à la pratique avec vous ». Ce moment calme marque la transition entre l'extérieur et la pratique.
Que fait-on pendant l'échauffement en aïkido ?
L'échauffement prépare le corps et l'esprit. Il inclut la mobilisation des articulations (cou, épaules, coudes, poignets, hanches, genoux, chevilles), un peu de cardio léger, des déplacements et des étirements dynamiques. On travaille aussi la posture, le centre (hara), la stabilité et le relâchement. Des exercices spécifiques comme mouvements de bras, respiration, coordination ou renforcement léger peuvent être inclus.
Qu'est-ce que l'ukemi en aïkido ?
L'ukemi est l'art de recevoir : apprendre à tomber, rouler et se protéger lors d'une projection ou d'un déséquilibre. C'est souvent ce qui impressionne les débutants car on voit des roulades avant, arrière ou sur le côté. L'objectif est de pratiquer ces chutes en toute sécurité pour éviter les blessures.
Y a-t-il des règles d'étiquette à respecter dans un dojo d'aïkido ?
Oui, il y a une étiquette importante pour assurer le bon déroulement de la pratique et maintenir l'attention de tous. Par exemple, on salue en entrant dans le dojo puis en montant sur le tatami. Il faut observer et suivre les mouvements du groupe sans faire trop de gestes superflus. Cette discipline contribue à créer un environnement respectueux et concentré.
Combien de temps dure généralement une séance d'aïkido et que vais-je faire concrètement ?
Une séance dure généralement entre une heure et une heure trente. Elle suit un fil structuré mais varie selon le partenaire, l'énergie du groupe et le thème du jour. Tu commenceras par arriver un peu en avance pour te changer puis participer au salut initial. Ensuite vient l'échauffement avec mobilisation articulaire et exercices variés avant d'aborder les techniques spécifiques comme les chutes (ukemi). Chaque séance est unique mais rassurante pour les débutants.


