Une gêne au bas du dos après le practice. Une épaule qui pique sur la fin du parcours. Un poignet qui tire après une sortie de bunker un peu violente. Rien de dramatique au début, puis ça s’installe. Et ça finit par gâcher le swing, puis le plaisir.
Ce qui complique tout, c’est que les blessures au golf ne viennent pas toujours d’un « gros » événement. La plupart du temps, c’est un mélange de répétitions, de petites compensations, d’un corps un peu raide, et d’une technique qui force au mauvais endroit. Et on continue quand même, parce que « ça va passer ». Jusqu’au jour où non.
On va faire simple et utile ici. Les douleurs les plus fréquentes au golf, pourquoi elles arrivent, les signes à ne pas ignorer, et surtout quoi faire, concrètement, pour jouer longtemps sans se casser.
Pourquoi le golf blesse, alors que ça n’en a pas l’air
Le swing, c’est explosif. Même si la balle est immobile, votre corps fait un mouvement rapide, asymétrique, avec rotation et transfert de charge. Et vous le répétez. Encore. Beaucoup.
Quelques pièges classiques :
- Répetition : practice, seaux de balles, enchaînement sans pause. Le corps adore la variété, pas la photocopieuse.
- Rotation + extension : surtout au niveau lombaire. Chez pas mal d’amateurs, la rotation se fait « dans le bas du dos » au lieu de se répartir entre hanches, cage thoracique et épaules.
- Sol et impacts : frapper le sol avant la balle, taper une racine, un lie dur. Les vibrations remontent dans le poignet, le coude, l’épaule.
- Manque d’échauffement : on arrive, on discute, puis driver direct. Classique. Mauvaise idée.
- Compensations : raideur des hanches, faiblesse du gainage, mobilité thoracique limitée. Le corps trouve un chemin. Souvent le mauvais.
Et le problème, c’est que vous pouvez très bien jouer « correct » avec une mécanique qui vous abîme. Jusqu’au moment où le corps dit stop.
Douleurs au dos : la blessure numéro 1 chez les golfeurs
Le bas du dos, c’est le grand gagnant malheureux. Les douleurs lombaires sont parmi les plus fréquentes au golf, chez les amateurs comme chez les pros. Et il n’y a pas qu’une seule cause.
Ce qui déclenche le plus souvent
- Surcharge en extension : le fameux finish « cambré ». Si vous finissez en vous arquant dans les lombaires, à répétition, ça peut irriter les facettes articulaires et les muscles paravertébraux.
- Rotation mal répartie : hanches raides + cage thoracique raide = lombaires qui prennent tout.
- Décrochage du bassin : certains compensent en « glissant » ou en forçant la rotation du bas sans contrôle.
- Fatigue : sur 18 trous, la technique se dégrade. Les derniers swings sont souvent les plus « dangereux ».
Signes qui doivent alerter
- Douleur qui augmente après le practice ou le lendemain matin.
- Raideur en se relevant, difficulté à se pencher.
- Douleur d’un côté du bas du dos au moment de la rotation.
- Irradiation dans la fesse ou la jambe, fourmillements : là, prudence.
Ce qui aide vraiment
- Réduire le volume, pas forcément arrêter tout : souvent, un gros seau de 120 balles est pire qu’un parcours. Fractionnez. Faites des pauses.
- Renforcer le gainage anti rotation : pas juste des crunchs. Planches, dead bug, pallof press, bird dog. Le but, c’est de stabiliser quand ça tourne fort.
- Travailler la mobilité là où il faut : hanches (rotation interne surtout), extension thoracique, ouverture de la cage.
- Faire vérifier la technique : un coach peut corriger un finish trop cambré, un sway, un manque de rotation de hanche. Souvent, la douleur est un symptôme d’un swing « trop lombaire ».
Et si la douleur est vive, constante, ou s’accompagne de symptômes nerveux, on ne joue pas au héros. Médecin ou kiné, rapidement.

Blessures à l’épaule : quand la puissance passe au mauvais endroit
L’épaule encaisse, surtout sur le bras dominant, mais pas uniquement. Les blessures typiques tournent autour de la coiffe des rotateurs, du tendon du biceps, et parfois de l’articulation acromio claviculaire.
Pourquoi l’épaule souffre au golf
- Sur swing et bras qui « tirent » : si les bras dominent le mouvement, l’épaule compense.
- Manque de rotation thoracique : encore elle. Si le haut du dos ne tourne pas, l’épaule cherche de l’amplitude.
- Finish trop haut et forcé : tension antérieure, conflit sous acromial chez certains profils.
- Vibrations à l’impact : surtout sur les coups gras ou les sols durs, ça remonte.
Douleurs typiques
- Douleur sur le dessus ou l’avant de l’épaule.
- Gêne en levant le bras, en mettant la main dans le dos, en s’habillant.
- Douleur en fin de backswing ou en accélération.
Prévention et retour au jeu
- Renforcer la coiffe : rotations externes avec élastique, YTWL, travail scapulaire. Pas lourd, mais régulier.
- Stabilité de l’omoplate : si l’omoplate ne bouge pas bien, l’épaule se fait écraser.
- Ne pas ignorer la douleur nocturne : si l’épaule réveille la nuit, c’est souvent un signal qu’il faut consulter.
- Adapter les clubs et le swing : manche trop rigide, effort excessif, grip trop fort. Oui, ça compte.
Petit détail qu’on oublie : la marche avec le sac sur une épaule, trou après trou. Ça peut entretenir une asymétrie, surtout si vous portez toujours du même côté.
Poignets : douleurs fréquentes, parfois sournoises
Le poignet, c’est fragile parce que c’est petit, très mobile, et que l’impact est brutal quand vous tapez le sol ou un objet dur. Les blessures courantes incluent tendinites des fléchisseurs ou extenseurs, entorses, et des atteintes du complexe triangulaire fibrocartilagineux, souvent appelé TFCC.

Les causes les plus classiques
- Coup « fat » : vous tapez le sol avant la balle. Le club ralentit net, le poignet prend.
- Bunker et lies durs : le sable compact et les racines ne pardonnent pas.
- Grip trop fort : tension permanente, surcharge tendineuse.
- Trop de practice : surtout en tapis. Les tapis peuvent amplifier les contraintes car ils masquent les erreurs de contact.
Comment reconnaître le type de douleur
- Douleur côté pouce : parfois lié à des tendons extenseurs, ou à une irritation sur des gestes répétés.
- Douleur côté petit doigt : parfois plus évocateur du TFCC, surtout si ça fait mal en torsion, en appui, ou en fin de swing.
- Douleur au dessus du poignet : tendons extenseurs, surcharge, raideur.
On reste prudent : un poignet qui gonfle, qui craque avec douleur, ou qui perd de la force, ça mérite un avis médical.
Ce qui marche en pratique
- Réduire les impacts : moins de tapis, plus de travail technique à vitesse réduite.
- Revoir le contact : apprendre à compresser la balle sans frapper le sol comme une pelle.
- Renforcement progressif : excentriques légers, mobilité douce, travail de prise sans crispation.
- Grip et gants : un grip trop fin ou trop épais peut favoriser la crispation. Ce n’est pas gadget.
Coude : le fameux tennis elbow, mais version golf
On entend souvent « tennis elbow », mais au golf on voit surtout deux tableaux : l’épicondylite latérale (douleur externe) et l’épitrochléite médiale (douleur interne), parfois appelée « golfer’s elbow ».
D’où ça vient
- Surutilisation des avant bras, souvent liée à un grip trop fort.
- Pratique intensive, surtout sur tapis.
- Impacts répétés en contact imparfait.
- Technique qui « casse » les poignets de manière agressive.
Ce qui aide
- Diminuer le volume pendant quelques semaines.
- Travail excentrique des muscles de l’avant bras.
- Alléger la tension de prise : oui, c’est difficile. Mais c’est souvent le vrai levier.
- Corriger la mécanique : si le club arrive trop raide, trop vertical, ou si vous forcez le release, le coude encaisse.
Et non, jouer « à travers la douleur » n’accélère pas la guérison. Ça la ralentit.

Genou et hanche : moins fréquents, mais très handicapants
Le golf demande de la rotation, et si votre hanche ne coopère pas, le genou prend. Beaucoup de douleurs au genou viennent d’un pivot mal contrôlé, d’un pied qui reste bloqué, ou d’un transfert mal géré.
Profil typique
- Genou avant douloureux en fin de swing, surtout si le joueur « bloque » la jambe.
- Douleur interne du genou, sensation de torsion.
- Hanche raide, fessiers faibles, cheville peu mobile.
Ce qu’on peut faire
- Travailler la mobilité de cheville et de hanche.
- Renforcer fessiers et quadriceps, mais intelligemment.
- Ajuster le stance et le pivot avec un pro si besoin.
Si douleur mécanique avec blocage, gonflement important, ou sensation d’instabilité : consultation.
Les erreurs qui entretiennent les blessures (même chez les gens motivés)
Il y a des choses qu’on voit tout le temps :
- Reprendre trop vite : « ça allait mieux hier, je refais 18 trous ». Mauvais timing.
- Ne traiter que le symptôme : glace, anti inflammatoires, et on repart. Sans changer la cause.
- Chercher le swing parfait pendant la douleur : vous compensez, vous ancrez de mauvais schémas.
- Ignorer la fatigue : un swing propre à 10 h du matin peut devenir un swing dangereux à 16 h.
Le golf, c’est long. La blessure aussi, parfois.
Échauffement : le minimum efficace avant de jouer
Je sais. Personne n’a envie de faire un rituel de 25 minutes. Mais on peut faire court et efficace, 6 à 10 minutes, et ça change tout.
Voici une trame simple :
- Marche rapide 2 minutes : activer, respirer.
- Mobilité thoracique : rotations debout, club sur les épaules, 10 par côté.
- Hanches : fentes dynamiques, rotations, 6 à 8 par côté.
- Activation gainage : 20 à 30 secondes de planche, ou dead bug.
- Swings progressifs : 5 swings à 30 %, 5 à 60 %, 5 à 80 %.
Le but n’est pas de « s’étirer à fond ». Juste de dire au corps : on va tourner vite, prépare toi.
Comment éviter la rechute : gestion du volume et bon sens
Beaucoup de blessures au golf viennent d’un pic de charge. Vous rejouez après une pause, vous faites trois seaux et deux parcours en une semaine. Et le corps n’a pas signé.
Quelques règles simples :
- Augmenter le volume progressivement : surtout après une pause hivernale.
- Mixer practice et parcours : et éviter le tapis en excès si vous êtes sensible.
- Faire des séances courtes mais fréquentes : 30 minutes propres valent mieux que 2 heures en mode automatique.
- Prioriser la qualité du contact : moins de balles, plus d’intention.
- Dormir et récupérer : ce n’est pas glamour, mais c’est là que les tissus se réparent.
Quand consulter, sans attendre
On peut être pragmatique. Certaines douleurs se gèrent. D’autres non.
Consultez rapidement si :
- douleur vive et brutale après un swing,
- gonflement important,
- perte de force ou de mobilité marquée,
- douleur nocturne persistante,
- fourmillements, irradiation, sensation de décharge,
- douleur qui ne s’améliore pas en 7 à 10 jours malgré repos relatif.
Un bon médecin du sport ou un kiné habitué aux golfeurs peut faire gagner des semaines.
Le mot de la fin
Les blessures au golf, ce n’est pas une fatalité, mais ce n’est pas non plus « dans la tête ». Dos, épaules, poignets, coudes. Ça arrive vite quand la technique force, quand le volume explose, ou quand le corps manque de mobilité et de stabilité aux bons endroits.
La meilleure stratégie, c’est souvent un trio très simple : un échauffement court mais régulier, un peu de renforcement intelligent, et une petite correction technique qui enlève la contrainte là où elle ne devrait pas être.
Et puis… écouter les signaux. Parce qu’un swing, on peut le bricoler. Un tendon qui s’enflamme depuis 3 mois, c’est une autre histoire.
Questions fréquemment posées
Pourquoi le golf peut-il causer des blessures malgré son apparence tranquille ?
Le golf implique un swing explosif, un mouvement rapide, asymétrique avec rotation et transfert de charge, répété de nombreuses fois. Cette répétition, combinée à une technique parfois incorrecte et à des compensations corporelles, peut provoquer des douleurs et blessures même sans choc apparent.
Quelles sont les causes principales des douleurs lombaires chez les golfeurs ?
Les douleurs lombaires sont souvent causées par une surcharge en extension (finish cambré), une rotation mal répartie due à la raideur des hanches et de la cage thoracique, un décrochage du bassin lors du swing, ainsi que la fatigue qui dégrade la technique au fil des trous.
Quels signes doivent alerter un golfeur concernant une douleur au bas du dos ?
Il faut être vigilant en cas de douleur qui augmente après le practice ou le lendemain matin, raideur en se relevant, difficulté à se pencher, douleur localisée d’un côté du bas du dos lors de la rotation, ou encore irradiation dans la fesse ou la jambe avec fourmillements.
Comment prévenir les douleurs lombaires liées au golf ?
Pour prévenir ces douleurs, il est conseillé de réduire le volume d'entraînement en fractionnant les séances, renforcer le gainage anti-rotation avec des exercices spécifiques (planches, dead bug...), améliorer la mobilité des hanches et de la cage thoracique, et faire vérifier sa technique par un coach pour éviter un swing trop lombaire.
Pourquoi est-il important de ne pas négliger l'échauffement avant de jouer au golf ?
Un manque d’échauffement expose le corps à des mouvements rapides et asymétriques sans préparation musculaire adéquate, augmentant ainsi le risque de blessures notamment aux lombaires, épaules et poignets lors du swing.
Que faire en cas de douleur vive ou persistante au golf ?
En cas de douleur vive, constante ou accompagnée de symptômes nerveux comme des fourmillements ou irradiations, il est crucial de ne pas jouer au héros : consulter rapidement un médecin ou un kinésithérapeute pour un diagnostic et un traitement adapté.


