Il y a des jeux de société qui te demandent de compter, optimiser, calculer trois coups à l’avance. Et puis il y a Dixit. Dixit, c’est ce moment un peu bizarre et très agréable où quelqu’un dit une phrase comme « la nostalgie d’un dimanche »… et tout le monde regarde ses cartes en silence, en se demandant laquelle est la plus « dimanche triste mais lumineux ». Et ça marche. Presque trop bien.

Publié par Libellud, conçu par Jean Louis Roubira et illustré à l’origine par Marie Cardouat, Dixit est devenu un classique moderne. Pas parce qu’il est compliqué, justement l’inverse. Mais parce qu’il réussit un truc rare : faire jouer ensemble des gens très différents, avec de l’imagination comme moteur principal.

Dans cet article, on va faire un vrai zoom, tranquillement. Le jeu de base, comment on gagne, pourquoi parfois on perd « exprès » sans le vouloir, et puis un tour d’horizon des extensions et variantes qui existent aujourd’hui.

Pourquoi Dixit a autant marqué

Dixit repose sur une idée simple : des cartes illustrées, très ouvertes, presque oniriques. Pas de texte. Pas de symbole à optimiser. Juste des images, souvent surréalistes, parfois drôles, parfois carrément mélancoliques.

Et le jeu te demande un truc pas si courant autour d’une table : raconter, ou au minimum suggérer. Une phrase, un mot, un son, une référence. Tout est permis, tant que ça peut guider les autres.

Sauf que le twist, c’est que tu ne dois pas être trop clair.

Si tout le monde trouve ta carte, tu ne marques pas (ou pas assez). Si personne ne la trouve, pareil. Tu dois viser ce point d’équilibre un peu cruel : être compris par quelques uns, mais pas par tous. Du coup, on se met à lire les gens. Leurs goûts, leurs réflexes, leurs private jokes. Et là, Dixit devient un jeu d’ambiance qui a l’air doux, mais qui est en fait assez fin.

Comment se joue une partie, concrètement

Dixit se joue généralement à 3 à 6 joueurs dans sa version classique. Une partie se déroule en plusieurs manches, et chaque manche tourne autour d’un rôle : le conteur.

Le déroulé d’une manche

  1. Le conteur a une main de six cartes. Il en choisit une, en secret.
  2. Il donne un indice à voix haute : un mot, une phrase, une chanson, une citation… ce qu’il veut.
  3. Les autres joueurs choisissent dans leur main une carte qui colle au mieux à cet indice. Ils la donnent face cachée.
  4. On mélange, on révèle toutes les cartes.
  5. Tout le monde vote pour la carte qu’il pense être celle du conteur.
  6. On compte les points, on complète sa main, et on passe le rôle de conteur.

Ce système marche parce que tout le monde « joue » même quand il n’est pas conteur. Choisir la bonne carte leurre, c’est déjà raconter une histoire, mais en biais. Et parfois, tu gagnes une manche juste parce que ton image était plus séduisante que celle du conteur. Ça arrive. Et c’est drôle. Enfin… surtout quand ça arrive aux autres.

Le scoring, l’idée générale

Sans entrer dans un tableau illisible, retiens juste ça :

  • Si tout le monde trouve la carte du conteur, ou si personne ne la trouve, le conteur est pénalisé.
  • Si seulement une partie des joueurs trouve, le conteur marque, et ceux qui ont trouvé aussi.
  • Les joueurs marquent aussi des points quand d’autres votent pour leurs cartes leurres.

En clair, Dixit récompense deux talents : donner un indice calibré, et poser un piège élégant quand tu ne racontes pas.

Règle du Papayoo : explication simple (sans blabla)
Le Papayoo est un jeu de cartes aux couleurs vives et aux dessins amusants, où l’objectif principal est d’éviter les points en anticipant et en laissant les autres joueurs ramasser les plis, notamment ceux contenant des cartes à forte valeur négative.

Ce qui fait gagner à Dixit, vraiment

On pourrait croire que c’est un jeu « au feeling ». Oui, mais pas seulement. Il y a des micro stratégies, et elles sont très humaines.

Trouver l’indice ni trop évident, ni trop obscur

C’est le cœur du jeu. Un bon indice, c’est un indice qui vise un groupe, pas une salle entière.

Exemple simple : si ta carte montre un enfant avec une clé géante et une porte minuscule.

  • « clé », c’est trop direct.
  • « l’absurde », c’est peut être trop large.
  • « ce truc que tu cherches et que tu as déjà dans la main », là tu commences à créer une image mentale plus précise, mais pas unique. Et tu laisses de la place aux autres pour te confondre.

Et parfois, tu penses avoir été subtil, mais tu as oublié qu’un joueur a une carte avec une clé, une porte, un enfant, et un panneau « clé ». Là, c’est fini. Dixit te rappelle vite l’humilité.

Lire les joueurs, pas les cartes

Un joueur qui adore les contes va voter différemment d’un joueur qui pense en références de films, ou d’un joueur qui part direct sur l’émotion. La même phrase ne déclenche pas les mêmes images selon les gens.

Donc plus la partie avance, plus Dixit devient un jeu d’observation. Qui prend toujours le sens littéral ? Qui part toujours en métaphore ? Qui tente de piéger tout le monde, quitte à ne jamais marquer en conteur ?

Oui, ça existe. Et c’est souvent cette personne qui dit après « moi je joue pour l’art ». Bien sûr.

Quand tu n’es pas conteur, vise la confusion utile

Ton but n’est pas juste de coller à l’indice. Ton but, c’est que d’autres se trompent en ta faveur.

Donc parfois, tu joues une carte qui colle « bien ». Et parfois, tu joues une carte qui colle « trop bien », pour attirer les votes. Il faut apprendre à doser. Ça dépend des tables, et c’est ça qui rend Dixit rejouable.

Règle SOS Ouistiti : le guide clair (sans blabla)
Pour jouer à SOS Ouistiti, il faut : 1 arbre palmier (structure, tronc et base), 30 singes (ouistitis), 30 bâtons colorés (10 roses, 10 verts, 10 oranges), 1 dé avec les couleurs, et de 2 à 6 joueurs.

L’univers visuel de Dixit, et pourquoi ça compte autant

On parle souvent de Dixit comme d’un jeu « poétique », et ce n’est pas juste une formule.

Les illustrations ont ce côté multi interprétations permanent. Elles mélangent souvent :

  • des éléments d’enfance (jouets, animaux, personnages naïfs),
  • des scènes impossibles (gravité bizarre, objets vivants),
  • une ambiance rêve, souvenir, conte.

Et surtout, elles ne verrouillent pas une histoire. Elles l’ouvrent. Une carte peut être drôle un soir, triste le lendemain. Selon l’humeur, selon l’indice, selon la table.

C’est aussi pour ça que les extensions ont autant de succès : rajouter des cartes, c’est rajouter des portes dans la tête des gens.

Les versions et extensions principales, sans se perdre

Dixit a une famille assez large maintenant. Certaines boîtes sont des extensions, d’autres des jeux autonomes, et quelques unes permettent d’augmenter le nombre de joueurs ou de changer un peu la dynamique.

Je te fais un tour d’horizon, avec l’esprit de chacune.

Dixit classic

La base. L’univers original illustré par Marie Cardouat. C’est souvent celui qui a le meilleur équilibre pour découvrir le jeu : des cartes très « Dixit », poétiques, un peu étranges, faciles à détourner sans être trop chargées.

Si tu ne dois en prendre qu’un pour commencer, c’est celui là. Simple.

Dixit anniversary

Une extension de 84 cartes supplémentaires. L’idée, ce n’est pas de changer les règles, juste d’augmenter le terrain de jeu. Et en pratique, ça change beaucoup : plus de variété, moins de déjà vu, plus de surprises.

C’est souvent la première extension que les gens prennent, parce qu’elle reste très fidèle à l’esprit initial.

Dixit odyssey

Odyssey est intéressant pour deux raisons.

La première : il peut monter jusqu’à 12 joueurs. Et ça, c’est rare. Tu sens tout de suite que la table devient plus bruyante, plus chaotique, plus sociale.

La deuxième : il introduit des possibilités comme le jeu en équipe selon les variantes. Donc tu peux avoir une ambiance plus collaborative, plus « on se comprend », et moins duel mental. C’est aussi une bonne porte d’entrée pour des groupes mixtes, famille, amis, gens qui ne jouent pas souvent.

Dixit journey

Illustré par Xavier Collette, avec 84 cartes orientées voyage, parcours, exploration. Les images ont souvent un souffle un peu plus épique, plus « aventure », tout en gardant ce flou Dixit qui permet les doubles lectures.

Très bon si ta table aime raconter des histoires un peu plus narratives, plus mouvementées.

Dixit origins

Avec Clément Lefèvre, on part sur des cartes plus vives, plus émotionnelles parfois. Le titre est bien choisi : ça touche à des sensations de base, des états, des symboles presque universels.

C’est une extension qui marche bien quand les indices tournent autour de l’émotion et de l’interprétation personnelle.

Dixit memories

Illustrations de Carine Hinder et Jérôme Pélissier. Là, on est dans le souvenir, les rêves, les petites scènes qui ressemblent à des bouts de vie, mais légèrement décalés. C’est doux, nostalgique, parfois un peu flou comme un matin de vacances.

Si ta table aime les indices du type « je me rappelle », « quand j’étais petit », « ça me manque », tu vois l’idée, Memories est parfait.

Dixit révélations

Illustré par Marina Coudray. Extension plus mystérieuse, plus surréaliste, parfois plus dense. Les cartes peuvent être magnifiques, mais elles demandent aussi plus de temps de lecture.

C’est une bonne extension si vous aimez les indices profonds, un peu subconscients, presque symboliques. Et aussi si vous aimez débattre deux minutes après le vote, juste pour dire « non mais moi j’avais compris ça comme ça ».

Dixit harmonies

Avec Paul Echegoyen, l’idée tourne autour de la musique, l’art, l’harmonie. Ça pousse naturellement les joueurs à donner des indices sonores, des titres, des ambiances, des rythmes. Et ça change la texture des parties.

C’est une extension qui peut réveiller une table qui a tendance à rester sur des indices trop littéraux.

Dixit daydreams

Illustré par Franck Dion, c’est l’extension « rêverie » assumée. Très imaginatif, très aérien, parfois un peu étrange, dans le bon sens. Les indices peuvent partir loin, et c’est fait pour.

Si vous jouez Dixit comme un petit théâtre mental, Daydreams colle bien.

Règles du Monopoly (claires) + variantes rapides
L’objectif du Monopoly est de ruiner tous les autres joueurs en achetant des propriétés, formant des monopoles, construisant des maisons et hôtels, puis en encaissant des loyers élevés. Le gagnant est le dernier joueur non en faillite.

Stella : Dixit universe (et Dixit Disney)

Stella est un jeu à part dans l’univers Dixit. On reste sur l’association d’idées et les images, mais la mécanique est plus compétitive et plus calculée : tu marques des points en devinant quelles cartes les autres vont associer à un mot clé, avec une prise de risque progressive. Plus tu vas loin, plus tu peux gagner, mais plus tu peux te planter.

C’est très malin, un peu plus « game » que Dixit, tout en gardant la créativité.

Et il existe aussi Dixit Disney, qui reprend l’esprit Dixit avec des illustrations inspirées des films Disney, donc forcément plus référentielles, plus immédiates pour certains groupes. Ça peut être génial en famille, ou avec des fans. Et parfois plus difficile de rester subtil, parce que les gens reconnaissent vite les univers.

Pour qui Dixit est une valeur sûre

  • Pour les familles, parce que les règles sont simples et l’ambiance reste légère.
  • Pour les groupes d’amis, parce que ça révèle des trucs sur les gens, sans avoir l’air d’un test.
  • Pour les joueurs qui aiment l’impro et la narration, parce que chaque manche est un mini exercice de style.
  • Pour ceux qui n’aiment pas « perdre » trop violemment, parce que Dixit a une compétition douce, même si on peut jouer très sérieusement, oui.

Et puis, détail important : Dixit supporte très bien les niveaux mélangés. Un joueur habitué ne va pas écraser la table par une technique pure. Il va juste devoir s’adapter aux cerveaux autour. Ce qui est assez juste, au fond.

Conclusion : Dixit, un jeu qui te ressemble un peu

Dixit, ce n’est pas juste deviner une carte. C’est essayer d’entrer dans la tête des autres, sans y entrer complètement. C’est proposer une phrase qui fait tilt, mais pas trop. C’est accepter que ton meilleur indice soit incompris, et que ton indice le plus paresseux fasse un carton. Ça arrive.

Si tu veux découvrir, pars sur Dixit classic. Si vous jouez souvent et que vous commencez à reconnaître les images, ajoute une extension comme Anniversary ou une ambiance plus marquée comme Journey, Memories ou Révélations. Et si tu veux une variante plus nerveuse, plus scoring, regarde Stella : Dixit universe.

Au final, Dixit reste ce jeu rare qui transforme une pile de cartes en conversations, en malentendus, en éclats de rire, et parfois en silence concentré. Un bon silence, celui où tout le monde cherche une idée. Et ça, franchement, c’est précieux.

Questions fréquemment posées

Qu'est-ce que le jeu Dixit et pourquoi est-il unique ?

Dixit est un jeu de société imaginatif publié par Libellud, conçu par Jean Louis Roubira et illustré à l'origine par Marie Cardouat. Il se distingue par ses cartes illustrées ouvertes et oniriques, sans texte ni symbole, invitant les joueurs à raconter ou suggérer des indices pour deviner les cartes des autres. Ce jeu favorise la créativité et la lecture des goûts et réflexes des participants, ce qui en fait un classique moderne apprécié pour son ambiance douce mais fine.

Comment se déroule une partie typique de Dixit ?

Une partie de Dixit se joue généralement de 3 à 6 joueurs et se compose de plusieurs manches. À chaque manche, un joueur est le conteur qui choisit secrètement une carte parmi six en main, puis donne un indice vocal (mot, phrase, chanson...). Les autres joueurs choisissent une carte de leur main correspondant à cet indice. Toutes les cartes sont ensuite mélangées et révélées, puis chacun vote pour la carte qu'il pense être celle du conteur. Les points sont comptés selon les règles, les mains reconstituées, et le rôle de conteur passe au joueur suivant.

Quels sont les conseils pour donner un bon indice dans Dixit ?

Un bon indice doit être ni trop évident ni trop obscur : il vise un groupe spécifique plutôt que tous les joueurs ou personne. Par exemple, pour une carte montrant un enfant avec une clé géante devant une petite porte, dire « clé » serait trop direct tandis que « l’absurde » serait trop vague. L'objectif est de trouver une formulation qui guide certains joueurs vers la bonne carte sans que tout le monde la devine facilement.

Quelles qualités humaines Dixit met-il en avant lors du jeu ?

Dixit met en avant des qualités comme l'imagination, l'empathie et la lecture sociale. Les joueurs doivent comprendre les goûts, références et private jokes des autres pour ajuster leurs indices ou choisir leurs cartes leurres. Cela crée une dynamique où l'intuition humaine prime sur le calcul ou l'optimisation stricte, rendant le jeu accessible à tous tout en restant fin et stratégique.

Existe-t-il des extensions ou variantes du jeu Dixit ?

Oui, depuis sa publication initiale, Dixit a connu plusieurs extensions qui ajoutent de nouvelles cartes illustrées enrichissant encore plus l'imaginaire du jeu. Ces extensions permettent d'élargir le nombre de participants ou d'explorer différents styles artistiques tout en conservant les mécaniques simples et créatives qui font le succès du jeu original.