Le japonais en aïkido, ce n’est pas un décor exotique. C’est surtout un langage commun. Peu importe le pays, le club, l’accent du professeur. Les mots restent les mêmes, et ils servent à nommer précisément des choses très concrètes. Une posture. Un rythme. Une intention. Parfois même une attitude mentale.

Donc voilà un guide, assez large, des mots japonais qui reviennent tout le temps. Pas pour réciter. Juste pour suivre un cours sans être en retard de deux secondes, et pour sentir un peu mieux ce qu’on fait.

Pourquoi on garde les mots japonais

Déjà, parce que l’aïkido vient du Japon. Mais surtout parce que traduire, c’est souvent perdre de la précision.

Un exemple simple : « onegaishimasu ». On traduit parfois par « s’il vous plaît », parfois par « je vous en prie ». En réalité, sur le tatami, ça veut dire quelque chose comme : « je te confie un moment d’entraînement, prends-en soin avec moi ». C’est plus large, plus humain.

Et puis entre nous, entendre le même mot partout, ça aide. On apprend une fois, et ça fonctionne en stage à Lyon, à Madrid, à Tokyo.

Les mots de base du dojo

Dojo, tatami, kamiza

  • Dojo : le lieu d’entraînement. Littéralement « lieu de la voie ».
  • Tatami : les tapis. Ça désigne aussi l’espace d’entraînement, parfois on dit juste « sur le tatami ».
  • Kamiza : la place d’honneur, souvent le mur où l’on salue. Il peut y avoir la photo du fondateur, un petit autel, ou rien du tout selon les écoles.

Rei, ritsurei, zarei

  • Rei : le salut, au sens général.
  • Ritsurei : salut debout.
  • Zarei : salut à genoux.

Le salut n’est pas juste une formalité. Il cadre le cours. C’est aussi un petit rappel de présence, de respect, et de sécurité.

Seiza, anza

  • Seiza : position à genoux, assis sur les talons.
  • Anza : position assise en tailleur, parfois utilisée si seiza est difficile physiquement.

Onegaishimasu, arigatō gozaimashita

  • Onegaishimasu : dit au début, avant de pratiquer avec quelqu’un. C’est une demande et un engagement à la fois.
  • Arigatō gozaimashita : dit à la fin, pour remercier. En cours, ça sort souvent naturellement après un échange.

Sensei, sempai, kōhai

  • Sensei : l’enseignant.
  • Sempai : pratiquant plus ancien, qui guide souvent les nouveaux.
  • Kōhai : pratiquant plus jeune dans la pratique.

On entend parfois ces mots dans les dojos traditionnels. Dans d’autres clubs, c’est plus informel. Mais l’idée reste : on s’aide, et on écoute ceux qui ont plus d’expérience.

Les commandes et consignes pendant le cours

Hajime, yame, matte

  • Hajime : commencez.
  • Yame : arrêtez.
  • Matte : attendez. Ou stop, pause.

Yoi, kamae

  • Yoi : prêt.
  • Kamae : garde, posture de préparation. Selon le contexte, « kamae » peut aussi désigner une attitude intérieure, pas juste une position des pieds.

Awasete, mawari, hansei

Selon les enseignants, on peut entendre :

  • Awasete : mettez ensemble, harmonisez, ajustez.
  • Mawari : tournez, changez de direction.
  • Hansei : réflexion, retour sur soi. Parfois dit à la fin comme invitation à apprendre de la séance.

Rôles dans la pratique : tori, uke

C’est vraiment essentiel, parce que ça structure l’exercice.

  • Uke : celui qui « reçoit » la technique. Il attaque, puis il prend la projection ou l’immobilisation. Uke n’est pas une victime. Il participe activement, il protège, et il rend la technique possible.
  • Tori : celui qui exécute la technique. On dit aussi nage dans certaines écoles, surtout quand ça projette.

Dans beaucoup de dojos, on alterne en permanence. Une minute tori, une minute uke. Et en fait, on progresse dans les deux rôles.

Aïkido débutant : 9 erreurs qui te bloquent vite
Commencer l’aïkido, c’est souvent un drôle de mélange. Tu arrives avec une image en tête, un peu de philosophie, un peu de films, l’idée de « ne pas faire mal », de tourner, de respirer, d’être fluide.

Directions, distances et notions de placement

Maai

  • Maai : la distance juste. Pas seulement la distance physique, mais le « bon intervalle » pour agir. Trop loin, rien ne se passe. Trop près, on se fait happer. Maai, c’est vivant.

Irimi, tenkan

Deux mots qu’on entend tout le temps.

  • Irimi : entrer. Aller dans l’espace de l’autre, souvent vers son angle mort.
  • Tenkan : pivot, rotation pour s’aligner et absorber l’attaque.

Irimi et tenkan, c’est presque un alphabet. Beaucoup de techniques sont des variations autour de ça.

Omote, ura

  • Omote : côté « devant », entrée directe, souvent plus frontale.
  • Ura : côté « arrière », entrée plus enroulée, qui passe derrière.

Selon les profs, on insiste plus ou moins sur la différence, mais tu verras vite : ça change complètement la sensation.

Hanmi, ai hanmi, gyaku hanmi

  • Hanmi : posture de garde en triangle, un pied devant, un pied derrière, le corps légèrement de profil.
  • Ai hanmi : mêmes pieds en avant (droite contre droite, gauche contre gauche).
  • Gyaku hanmi : pieds opposés (droite contre gauche).

Et là, soudain, les techniques ne se ressemblent plus du tout. La ligne d’attaque change, l’angle aussi.

Aïkido débutant : 7 erreurs à éviter dès le 1er cours
Tu as peut être vu une vidéo. Ou une démo en festival. Des gens en keikogi blanc, un peu comme au judo, qui se déplacent calmement, et pourtant ça vole, ça roule, ça chute. Et toi, tu te dis : « OK… c’est beau, mais je n’ai aucune idée de comment on commence. »

Chutes et sécurité : ukemi, kaiten

On n’insistera jamais assez. Les mots de chute, il faut les comprendre tôt.

  • Ukemi : l’art de recevoir. Ça inclut les chutes, les roulades, la manière de se protéger, de respirer, de ne pas se crisper.
  • Mae ukemi : chute avant, souvent roulade.
  • Ushiro ukemi : chute arrière.
  • Yoko ukemi : chute latérale.
  • Kaiten : roulade, rotation. Par exemple kaiten nage implique souvent un mouvement de rotation.

Un bon uke, c’est quelqu’un qui sait tomber sans se casser, et qui sait aussi attaquer sans mettre l’autre en danger. Oui, c’est un équilibre bizarre. Mais c’est ça.

Types d’attaques : les mots qu’on entend au tableau

Les attaques en aïkido portent souvent des noms très codifiés. Au début, on les confond. Après, ça devient presque automatique.

Saisies : kumi, dori, tori

  • Katate dori : saisie d’un poignet, une main.
  • Ryōte dori : saisie des deux poignets.
  • Morote dori : saisie à deux mains sur un poignet.
  • Mune dori : saisie à la poitrine, au col.
  • Kata dori : saisie de l’épaule.
  • Ushiro ryōte dori : saisie des deux poignets par derrière.

Selon les écoles, on dit parfois … tori au lieu de … dori. Tu verras les deux.

Coups : uchi

  • Shōmen uchi : coup vertical sur le sommet de la tête.
  • Yokomen uchi : coup diagonal sur le côté de la tête.
  • Tsuki : coup de poing, estoc, attaque directe (souvent au buste ou au visage selon le travail).

Attaques au sabre : kiri, men

Dans certains cours plus orientés armes, on entend :

  • Kiri : couper.
  • Men : la tête (zone de coupe).

Noms de techniques : les indispensables

Il existe des dizaines de techniques, mais certaines reviennent tellement souvent qu’il vaut mieux les connaître rapidement, au moins à l’oreille.

Ikkyo, nikyo, sankyo, yonkyo, gokyo

Ce sont des contrôles et immobilisations, souvent enseignés comme une progression.

  • Ikkyo : premier contrôle, travail du bras et de la ligne.
  • Nikyo : deuxième contrôle, torsion du poignet, immobilisation plus « nerveuse ».
  • Sankyo : troisième contrôle, rotation du poignet et du bras, très lié au centre.
  • Yonkyo : quatrième contrôle, pression sur un point du bras.
  • Gokyo : cinquième contrôle, souvent associé à des contextes armes ou à une saisie spécifique.

Tu n’as pas besoin de « savoir » tout ça tout de suite. Mais reconnaître le numéro aide. Le professeur dit « nikyo omote », et tu sais déjà que ça va être une torsion, plutôt omote. Ça te donne un repère.

Iriminage, shihōnage, kotegaeshi

  • Iriminage : projection par entrée, souvent appelée « projection en entrant ». Très emblématique.
  • Shihōnage : « projection des quatre directions ». On contrôle le bras comme une épée, on pivote, on projette.
  • Kotegaeshi : retournement du poignet, projection qui fait « tourner » uke.

Kaitennage, tenchinage, hijikime

  • Kaitennage : projection par rotation.
  • Tenchinage : « ciel et terre », une main monte, l’autre descend, et le corps organise le passage.
  • Hijikime osaé (ou hijikime) : contrôle par le coude, immobilisation.

Kokyunage, kokyūhō

  • Kokyunage : projection par le souffle, ou plus exactement par la coordination, le timing, l’unité. Souvent, ce n’est pas une technique unique. C’est une famille.
  • Kokyūhō : exercices de souffle, travail de connexion. Par exemple suwariwaza kokyūhō à genoux.

Le mot kokyū revient beaucoup. Il parle de respiration, mais aussi de « rythme interne », de coordination globale.

Progrès en Aïkido : 7 signes que tu t’améliores
Il y a un moment, en aïkido, où tu te surprends à penser un truc assez bizarre.« Je viens encore de me faire balayer, je souffle comme un vieux soufflet… mais j’ai l’impression d’être meilleur. »

Positions de travail : suwariwaza, hanmi handachi, tachi waza

  • Tachi waza : techniques debout.
  • Suwariwaza : techniques à genoux (les deux partenaires en seiza).
  • Hanmi handachi waza : tori à genoux, uke debout. C’est très formateur, et très déstabilisant au début.

Grades, ceintures, vêtements : ce qu’on dit vraiment

Keikogi, obi, hakama

  • Keikogi : la tenue d’entraînement (on dit aussi dogi).
  • Obi : la ceinture.
  • Hakama : pantalon ample plissé, porté selon les traditions du dojo (souvent à partir d’un certain grade).

Kyu, dan, yudansha

  • Kyū : grades avant la ceinture noire.
  • Dan : grades ceinture noire.
  • Yudansha : pratiquant gradé dan.

Dans la pratique, le plus important n’est pas le mot, ni même le grade. Mais connaître ces termes aide à comprendre l’organisation d’un stage, ou pourquoi certaines personnes portent hakama.

Quelques mots plus « philos » qu’on entend souvent

L’aïkido a aussi un vocabulaire qui parle d’intention. On peut pratiquer très concrètement sans intellectualiser, mais ces mots reviennent, donc autant savoir à quoi ils pointent.

  • Aiki : harmonie des énergies, ou union. Selon les interprétations, ça peut être très technique, très martial, ou très intérieur.
  • Ki : énergie, souffle, intention. Mot compliqué, parfois surutilisé. Le mieux, c’est de le relier à une sensation : présence, direction, stabilité.
  • Hara : centre, bas-ventre. Là où on cherche l’équilibre, la puissance calme.
  • Zanshin : vigilance après l’action. Ne pas « s’éteindre » juste après la projection.
  • Mushin : esprit sans fixation. Pas vide au sens absent. Vide au sens disponible.

On n’est pas obligé de tout expliquer. Parfois, on pratique, et un jour, ça fait clic.

Petit mémo pratique pour ne pas se perdre au cours

Si tu veux une liste ultra utile, celle qui sert dès le premier mois, je mettrais :

  • Hajime / yame / matte
  • Seiza / rei
  • Uke / tori
  • Irimi / tenkan
  • Omote / ura
  • Shōmen uchi / yokomen uchi / katate dori
  • Ukemi

Et ensuite, tu ajoutes les techniques au fil des semaines. Pas besoin de tout avaler d’un coup.

Pour finir

Apprendre le vocabulaire japonais de l’aïkido, ce n’est pas apprendre une langue. C’est apprendre à écouter plus vite, à être moins perdu, et à sentir les consignes sans passer par une traduction dans la tête.

Et c’est assez agréable, au fond. Un jour tu te surprends à dire « onegaishimasu » naturellement, à comprendre « gyaku hanmi » sans réfléchir, à corriger ta distance parce que tu sens le maai. Sans te rendre compte quand c’est arrivé.

Si tu veux, dis-moi ton niveau (débutant complet, 1 an, ceinture noire, reprise après pause) et le style de ton dojo, et je peux te faire une liste encore plus ciblée, avec les mots que tu entends vraiment chez toi.

Questions fréquemment posées

Pourquoi utilise-t-on les mots japonais en aïkido au lieu de traductions françaises ?

On garde les mots japonais en aïkido parce que cette discipline vient du Japon et que traduire ces termes peut faire perdre leur précision. Par exemple, "onegaishimasu" signifie plus qu'un simple "s'il vous plaît" : c'est une demande d'engagement mutuel pendant l'entraînement. Utiliser le même vocabulaire partout facilite aussi la compréhension, que ce soit à Lyon, Madrid ou Tokyo.

Quels sont les termes japonais de base liés au lieu d'entraînement en aïkido ?

Les mots de base du dojo incluent : "dojo" qui désigne le lieu d'entraînement (littéralement "lieu de la voie"), "tatami" qui sont les tapis formant l'espace d'entraînement, et "kamiza", la place d'honneur souvent marquée par une photo du fondateur ou un petit autel où l'on salue.

Que signifient les différents types de salut en aïkido comme rei, ritsurei et zarei ?

"Rei" est le salut général en aïkido. "Ritsurei" est le salut effectué debout, tandis que "zarei" est le salut à genoux. Ces salutations ne sont pas que des formalités ; elles encadrent le cours et rappellent la présence, le respect et la sécurité sur le tatami.

Quels sont les rôles de tori et uke dans la pratique de l'aïkido ?

Dans l'aïkido, "uke" est celui qui reçoit la technique : il attaque puis subit la projection ou immobilisation. Il n'est pas une victime mais participe activement en protégeant son intégrité et en rendant la technique possible. "Tori", aussi appelé "nage", est celui qui exécute la technique.

Quelles sont quelques commandes courantes entendues pendant un cours d'aïkido ?

Parmi les commandes fréquentes, on trouve : "hajime" (commencez), "yame" (arrêtez), "matte" (attendez ou pause), "yoi" (prêt) et "kamae" (posture de garde). Ces mots permettent de structurer efficacement la pratique.

Quelle est la signification du mot 'onegaishimasu' dans le contexte d'un cours d'aïkido ?

Dans un cours d'aïkido, "onegaishimasu" est prononcé avant de pratiquer avec un partenaire. Ce mot exprime une demande respectueuse et un engagement mutuel : « je te confie ce moment d'entraînement, prends-en soin avec moi ». C'est plus qu'un simple « s'il vous plaît » ; c’est un pacte humain sur le tatami.