Un petit mélange de chance, de mémoire, de calcul rapide, et surtout ce truc délicieux où tout le monde regarde la même carte en se disant exactement la même chose, mais sans le dire.

Le nain jaune, c’est ça.

Et oui, il y a un tableau. Oui, il y a des jetons. Et oui, il y a des gens qui deviennent bizarrement nerveux quand ils gardent le roi de cœur en main trop longtemps.

Le matériel : le tableau et le jeu de 52 cartes

Le nain jaune se joue avec un jeu classique de 52 cartes. Pas de joker.

Et surtout, on utilise un tableau, en carton ou en bois, avec des compartiments séparés. Sur ce tableau, on trouve cinq cases “spéciales”, toujours les mêmes :

  • un roi de cœur
  • une dame de pique
  • un valet de trèfle
  • un dix de carreau
  • et, au milieu, le fameux nain jaune tenant un sept de carreau (c’est la case centrale, et souvent la plus chargée en jetons)

Le tableau sert à gérer des mises fixes, mais aussi des pénalités. Et c’est précisément ce qui rend le jeu un peu… piquant. Parce que parfois, tu gagnes un pli, tu poses une carte, et tu ramasses un petit trésor. Parfois tu finis la manche avec une de ces cartes en main, et là tu sens passer l’addition.

Combien de joueurs

Il faut au minimum trois joueurs. Huit maximum.

C’est un jeu qui marche très bien à quatre ou cinq, mais même à sept ou huit, ça reste vivant. Un peu plus chaotique, évidemment. Mais c’est aussi ça qui est drôle.

La distribution (et pourquoi elle n’est pas “symétrique”)

On tire à qui donnera, puis on distribue selon le nombre de joueurs. La distribution n’est pas toujours “régulière”, parce qu’il y a parfois un talon (des cartes non distribuées). Voilà les repères classiques :

  • à 3 joueurs : 15 cartes chacun, il reste 7 au talon
  • à 4 joueurs : 12 cartes chacun, il reste 4 au talon
  • à 5 joueurs : 9 cartes chacun, il reste 7 au talon
  • à 6 joueurs : 8 cartes chacun, il reste 4 au talon
  • à 7 joueurs : 7 cartes chacun, il reste 3 au talon
  • à 8 joueurs : 6 cartes chacun, il reste 4 au talon

Le talon n’est pas forcément au cœur du jeu dans toutes les variantes, mais la logique générale reste la même : on n’a pas tous les mêmes chances au départ, donc on joue avec ce qu’on a. Et on s’adapte.

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La mise de départ sur le tableau

Avant de commencer la manche, on “garnit” le tableau. Chaque joueur pose des jetons sur les cases spéciales, avec une valeur fixée.

La répartition la plus courante (et celle qu’on retrouve dans les règles traditionnelles) :

  • 1 jeton sur le dix de carreau
  • 2 jetons sur le valet de trèfle
  • 3 jetons sur la dame de pique
  • 4 jetons sur le roi de cœur
  • 5 jetons sur le nain jaune (sept de carreau)

On décide aussi, au début de la partie, ce que vaut un jeton si on ne joue pas directement avec des pièces. Et après chaque manche, quand on rebattre, on refait la même mise. À chaque fois. C’est important, parce que c’est ce mécanisme qui “recharge” le tableau, et qui rend certaines cases totalement irrésistibles.

Le principe du jeu : construire des suites, sans s’arrêter

Le joueur qui est “premier en cartes” attaque. Dans beaucoup de règles, c’est celui à gauche du donneur, ou celui qui a tiré le droit de commencer. Ensuite, la table tourne.

Et là, on entre dans la partie la plus particulière du nain jaune : on joue des suites. Pas des plis. Pas des levées. Des suites posées sur la table, dans une continuité.

Le premier joueur commence “d’où il veut” avec une carte ou une suite de cartes qu’il a en main.

Exemple simple, très parlant : il a neuf, dix, valet, dame. Il peut les poser successivement et annoncer : « sans roi ».
Ça veut dire que pour continuer cette suite, il faudrait maintenant un roi. Et si personne ne peut jouer le roi, on ne peut pas rester bloqué. Il faudra “reprendre” ailleurs.

Le joueur suivant doit continuer si possible, c’est à dire poser la carte immédiatement nécessaire. Si la suite est bloquée, il passe.

Un autre exemple traditionnel : le joueur suivant a roi, as, sept. Il peut jouer roi, puis as, puis sept (parce qu’on repart après l’as), mais il ne peut pas aller au delà du sept s’il n’a pas huit. Il annonce alors : « sans huit ».

On continue comme ça, joueur après joueur, en essayant toujours de compléter ce qui manque. Et quand on ne peut pas, on passe. Le jeu a un côté très “mécanique” et très “vivant” à la fois, parce que tout le monde attend la même carte… mais pas pour les mêmes raisons.

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Ce qui se passe quand tout le monde bloque

Cas classique : on a posé huit, neuf, dix, valet. Et personne n’a la dame.

On ne peut pas s’arrêter là. Donc la règle dit, en gros : celui qui a posé la dernière carte de la suite (ici, le valet) relance avec la première carte qui suit la dame manquante.

Donc il peut reprendre avec roi, ou as, ou sept, etc. C’est une façon d’éviter les impasses interminables et de garder le rythme.

Le nain jaune, quand on y joue bien, c’est assez rapide. Ça peut être nerveux même, parce qu’il y a ce moment où tu hésites à “vider” une série, ou à garder une carte clé pour empêcher les autres de ramasser un gros tas de jetons.

Les cartes du tableau : le petit jackpot, et la grosse punition

Voilà le cœur du jeu, celui qui fait que tout le monde se souvient du nain jaune.

Si tu as en main une des cartes du tableau, tu as intérêt à t’en débarrasser vite. Très vite.

Pourquoi ? Parce que :

  1. si tu poses cette carte pendant la manche, tu ramasses immédiatement toute la mise qui est dessus au tableau.
  2. si tu finis la manche avec cette carte encore en main, tu es forcé de doubler la mise de cette case, en plus de la mise ordinaire du prochain coup.

Donc c’est un jeu à risque. Et à mémoire. Tu vois la dame de pique sortir tôt, tu te dis : bon, elle a été “payée” cette manche. Tu la vois jamais sortir, tu commences à regarder les mains des gens avec suspicion, comme si tu pouvais lire dans leurs pensées. Spoiler : tu ne peux pas.

Exemple concret : le roi de cœur, et l’effet boule de neige

Prenons le roi de cœur. Sa mise de base, c’est 4 jetons par joueur.

On joue à 6. Donc au départ, sur le roi de cœur, il y a 24 jetons (6 × 4).

  • Si un joueur réussit à se débarrasser de son roi de cœur pendant la manche, il ramasse ces 24 jetons. Et au coup suivant, tout le monde remet la mise ordinaire, comme d’habitude.

Mais imaginons l’autre scénario, celui qui fait grimacer.

Au coup 1, personne ne pose le roi de cœur et quelqu’un termine la manche en l’ayant encore en main. Il doit doubler la mise présente sur cette case. Donc on double les 24 jetons : on obtient 48 sur la case roi de cœur.
Puis, avant le coup 2, tout le monde remet la mise ordinaire : +24. Total : 72.

Au coup 2, encore une fois, quelqu’un garde le roi de cœur jusqu’à la fin. Il double la somme : 72 devient 144.
Et avant le coup 3, tout le monde remet +24. Total : 168.

Au coup 3, même punition : on double 168, ça donne 336.
Puis +24 de mise ordinaire. Total : 360.

Et là, au coup suivant, si un joueur pose enfin le roi de cœur au bon moment… il ramasse 360 jetons.

C’est exactement ce genre de moment qui fait que le nain jaune reste un jeu de table très “bruyant”. Tout le monde réagit. Ceux qui ont alimenté la case râlent. Celui qui ramasse fait semblant d’être modeste, mais ça ne prend pas.

Et évidemment, le même principe existe pour le dix de carreau, le valet de trèfle, la dame de pique, et le nain jaune. Avec des mises de base différentes, donc des dynamiques différentes.

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Comment on gagne une manche (et comment on compte les points)

La manche se termine quand un joueur pose sa dernière carte. C’est lui le gagnant de la manche.

Et là, il ne gagne pas juste “symboliquement”. Il reçoit des jetons en fonction des points restants dans les mains des autres joueurs. Chaque joueur compte la valeur des cartes qui lui restent, et paie le gagnant en jetons selon ce total.

Le barème classique :

  • l’as compte pour 1 point
  • les figures (valet, dame, roi) comptent pour 10 points
  • les autres cartes comptent pour leur valeur (deux vaut 2, neuf vaut 9, etc.)

Donc si tu termines avec deux figures et un neuf en main, tu as 10 + 10 + 9 = 29 points. Et le gagnant ramasse l’équivalent en jetons, selon la valeur décidée au départ.

Ce système fait que même si tu n’attrapes aucun jackpot du tableau, tu peux rester dans la partie en jouant “propre”, en sortant vite, en laissant les autres avec des grosses mains.

Deux ou trois conseils qui changent vraiment la partie

Je ne vais pas faire semblant : le nain jaune, ce n’est pas un jeu “résolu”. Il y a de la chance, et parfois tu prends cher sans avoir fait une erreur énorme.

Mais quand même.

1) Ne garde pas une carte du tableau “par confort”

Si tu as le roi de cœur, tu peux être tenté de le garder pour le placer au moment parfait. Sauf que le moment parfait n’arrive pas toujours. Et la punition, elle, arrive très bien.

2) Observe ce qui sort, surtout autour des ruptures

Quand une suite bloque sur une dame, par exemple, demande toi qui a intérêt à la garder. Le jeu est plein de micro intérêts comme ça. Et ça influence les relances.

3) Joue pour sortir, pas juste pour poser “beau”

Les longues suites posées d’un coup, c’est satisfaisant. Mais parfois, ça te piège. Parce que tu relances le rythme, tu donnes des opportunités aux autres, et tu te retrouves avec une figure inutile qui te colle à la main.

Pourquoi ce jeu marche encore

Le nain jaune a un truc rare : il est simple à expliquer, mais pas si simple à maîtriser. Il crée des rebondissements sans avoir besoin d’un million de règles. Et le tableau, avec ses mises qui gonflent et explosent, donne une tension très concrète. On voit l’enjeu. On le voit physiquement, en jetons empilés.

Et puis il y a cette figure centrale, le nain jaune, un peu étrange, un peu théâtrale. Tu le regardes, tu sais que cette case peut faire basculer une soirée. Ridicule, peut être. Mais vrai.

Si tu n’y as jamais joué, essaye à quatre, avec des jetons sans trop de valeur au début. Juste pour prendre le rythme. Et attends le moment où quelqu’un va dire, avec un mélange de fierté et de panique : « j’ai encore le roi de cœur… ». Là, tu sauras que tu es vraiment en train de jouer au nain jaune.

Questions fréquemment posées

Qu'est-ce que le jeu du Nain Jaune et pourquoi est-il associé au dimanche après le déjeuner ?

Le Nain Jaune est un jeu de cartes traditionnel qui crée une ambiance conviviale mêlant chance, mémoire et calcul rapide. Il évoque souvent le dimanche après le déjeuner car il rassemble famille et amis autour d'un moment ludique et chaleureux.

Quel matériel est nécessaire pour jouer au Nain Jaune ?

Pour jouer au Nain Jaune, il faut un jeu classique de 52 cartes sans joker et un tableau en carton ou en bois avec cinq cases spéciales : roi de cœur, dame de pique, valet de trèfle, dix de carreau et la case centrale du nain jaune (sept de carreau). Des jetons sont également utilisés pour les mises.

Combien de joueurs peuvent participer au Nain Jaune ?

Le Nain Jaune se joue idéalement à partir de trois joueurs et peut accueillir jusqu'à huit joueurs. Le jeu reste dynamique même avec sept ou huit participants, bien que cela ajoute un peu de chaos.

Comment se déroule la distribution des cartes au Nain Jaune ?

La distribution varie selon le nombre de joueurs et n'est pas toujours régulière. Par exemple, à 4 joueurs, chacun reçoit 12 cartes et il reste 4 cartes dans le talon. Ce système introduit une part d'incertitude car tous les joueurs n'ont pas les mêmes chances au départ.

Comment fonctionne la mise initiale sur le tableau du Nain Jaune ?

Avant chaque manche, chaque joueur place des jetons sur les cases spéciales du tableau selon une valeur fixe : 1 jeton sur le dix de carreau, 2 sur le valet de trèfle, 3 sur la dame de pique, 4 sur le roi de cœur et 5 sur le nain jaune. Cette mise est refaite à chaque début de manche pour 'recharger' le tableau.

Quel est le principe fondamental du jeu lors des tours au Nain Jaune ?

Le principe clé est la construction de suites continues de cartes posées sur la table. Le premier joueur commence avec une carte ou une suite qu'il a en main, puis les autres continuent la suite sans interruption. Ce mécanisme diffère des jeux traditionnels basés sur les plis ou levées.