Le pouilleux, c’est le genre de jeu de cartes qu’on ressort sans trop y penser. Pas besoin d’un tapis vert, pas besoin de compter des points pendant vingt minutes. On distribue, on rigole, on tente de refiler une carte au bon moment… et on prie surtout de ne pas finir avec la mauvaise.
Et cette mauvaise carte, justement, c’est elle qui fait tout le sel du jeu. Le but est simple : se débarrasser de toutes ses cartes, et surtout éviter d’être le dernier à garder le valet de pique. Celui qui termine avec ce valet devient « le pouilleux ». C’est tout. Et pourtant, il se passe toujours quelque chose autour de la table.
Dans cet article, on va reprendre la règle du pouilleux clairement, étape par étape, avec quelques astuces et variantes pour pimenter une partie.
Le principe du jeu en une phrase
Le pouilleux est un jeu d’élimination douce : on forme des paires pour se débarrasser de ses cartes, puis on pioche chez son voisin jusqu’à ce que tout le monde ait vidé sa main… sauf une personne, qui garde le valet de pique.
Pour jouer au pouilleux, il vous faut
- Un jeu de 52 cartes
- De 2 à 8 joueurs (idéalement 3 à 6, mais ça tourne très bien à 2 aussi)
Petit détail important : on joue classiquement avec 51 cartes, car on retire une carte du jeu au début. Ça crée forcément une carte « orpheline » à la fin, et c’est là que le suspense vit.

Préparer une partie de pouilleux
Avant même de distribuer, on fait une mini préparation très simple.
1. Retirer une carte du paquet
Traditionnellement, on retire le valet de trèfle. Il ne jouera pas. Résultat : il reste 51 cartes.
Pourquoi le valet de trèfle ? Par habitude. Dans certaines familles, on retire une autre carte, ou on retire une carte au hasard. Mais la version la plus répandue, celle qu’on voit partout, c’est bien le valet de trèfle retiré.
2. Distribuer toutes les cartes
Un joueur mélange, puis distribue toutes les cartes aux joueurs, une par une, jusqu’à épuisement du paquet. Certains joueurs auront une carte de plus que d’autres, ce n’est pas grave, c’est même normal.
Les joueurs prennent leurs cartes en main, sans les montrer.
Début de partie : former les paires
Là, première étape un peu « mécanique », mais rapide.
Qu’est-ce qu’une paire au pouilleux ?
Une paire est composée de deux cartes de même valeur ET de même couleur.
- Cœur et carreau vont ensemble (rouges)
- Trèfle et pique vont ensemble (noires)
Donc :
- Dame de cœur + dame de carreau = une paire (même valeur, même couleur)
- Dame de cœur + dame de trèfle = pas une paire (valeur ok, mais couleur différente)
C’est un point qui surprend parfois, parce que dans plein d’autres jeux on fait des paires simplement par valeur. Ici non. Ici, la couleur compte vraiment.
Chaque joueur retire ses paires
Chaque joueur, dans sa main, cherche toutes les paires possibles. À chaque paire trouvée, il la pose face visible sur la table, hors du jeu.
On peut le faire en silence, ou en mode un peu théâtral. Certains aiment annoncer « paire de rois noirs », d’autres font ça vite et on n’en parle plus.
Quand tout le monde a retiré ses paires, la partie « active » commence.

Déroulement d’une manche : piocher chez le voisin
La suite est simple, répétitive, et c’est justement ça qui marche.
1. Le premier joueur pioche à gauche
Le premier joueur prend au hasard une carte dans la main du joueur à sa gauche.
- Il ne regarde pas les cartes avant de choisir.
- Il ne montre pas la carte aux autres pendant qu’il la prend.
- Il ajoute la carte à sa main.
Ensuite, il vérifie s’il peut former une paire avec cette nouvelle carte (toujours selon la règle valeur + couleur). Si oui, il pose la paire et retire ces deux cartes de sa main.
Si non, il garde la carte. Tant pis.
2. On passe au joueur suivant
Le joueur suivant fait exactement la même chose : il pioche au hasard dans la main du joueur à sa gauche, puis retire une paire si possible.
Et ainsi de suite, dans le sens convenu (en général dans le sens des aiguilles d’une montre), jusqu’à ce que les paires se fassent… et que les mains se vident.
3. Les joueurs sortent de la partie quand ils n’ont plus de cartes
Dès qu’un joueur n’a plus aucune carte en main, il est « sauvé ». Il ne pioche plus, et on ne pioche plus chez lui.
Ça accélère souvent la fin, parce que le cercle se rétrécit. Et à la fin, il ne reste plus que deux joueurs qui se refilent des cartes, et là, tout le monde regarde.
Fin de partie : qui gagne, qui perd
Comment gagner une partie de pouilleux
Pour « gagner », il suffit de ne plus avoir de cartes en main à la fin.
Et oui, il peut y avoir plusieurs gagnants. En réalité, tout le monde gagne… sauf un.
Qui est le pouilleux
Le seul perdant est le dernier joueur à conserver une carte en main. Cette carte est le valet de pique.
Ce joueur est alors appelé « le pouilleux ».
Selon les habitudes, il y a souvent une petite sanction rigolote, jamais méchante. Un gage, une grimace, aller chercher les verres d’eau, chanter un truc. Bref, on reste dans l’esprit du jeu : léger, social, pas sérieux.
Un exemple rapide pour que ce soit clair
Imaginons 4 joueurs : Anna, Bilal, Chloé, Damien.
- On retire le valet de trèfle.
- On distribue.
- Chacun enlève ses paires.
Il reste des cartes dispersées. Le valet de pique circule quelque part, on ne sait pas où.
Anna pioche chez Bilal, fait une paire, la pose. Bilal pioche chez Chloé, garde la carte. Chloé pioche chez Damien, fait une paire, la pose. Damien pioche chez Anna, garde la carte.
Au fil des tours, Anna n’a plus de cartes. Chloé non plus. Il reste Bilal et Damien qui piochent l’un chez l’autre. Et c’est souvent là que tout se joue.
À la fin, Damien a vidé sa main. Bilal garde une seule carte. Le valet de pique. Bilal est le pouilleux.
Simple. Cruel. Drôle.
Variantes possibles du pouilleux
Le pouilleux a plein de variantes, parce que c’est un jeu qui vit surtout dans les familles et les groupes d’amis. On adapte.
Variante 1 : le pouilleux inconnu (carte retirée au hasard)
Au lieu de retirer le valet de trèfle, on retire une carte au hasard, face cachée, sans la montrer à personne.
Conséquence : le « pouilleux » n’est pas forcément le valet de pique. Il peut être n’importe quelle carte. Et surtout, personne ne sait laquelle. Ça rend la fin plus nerveuse, parce qu’on ne peut pas se dire « ok, j’ai évité le valet de pique, je suis tranquille ». Non. Rien n’est sûr.
Pour que ça reste lisible, certains groupes gardent quand même une règle : la carte perdante est celle qui reste seule à la fin, quelle qu’elle soit. Et voilà.
Variante 2 : piocher à droite, ou changer de sens
Rien de révolutionnaire, mais parfois ça change la dynamique, surtout si quelqu’un a une façon bien à lui de « présenter » ses cartes à piocher. Oui, ça arrive. Il y a toujours un joueur qui essaie d’influencer, en écartant un peu les cartes, en les mettant plus haut, plus bas. Ce n’est pas interdit, c’est juste… humain.
Variante 3 : paires seulement par valeur
Dans une version simplifiée, notamment avec des enfants, on accepte les paires uniquement par valeur, sans tenir compte de la couleur.
- Dame + dame = paire, peu importe les couleurs
C’est plus rapide, moins prise de tête, mais on perd un peu le charme de la règle « rouge avec rouge, noir avec noir ». Après, tout dépend de l’ambiance recherchée.
Variante 4 : ajouter des gages, mais doucement
Classique : le pouilleux a un gage. Plus rare, mais possible : les deux derniers joueurs en lice ont un mini défi, ou le pouilleux doit faire quelque chose à chaque manche.
Conseil honnête : gardez ça bon enfant. Le pouilleux marche parce que personne ne se sent vraiment humilié. C’est censé faire rire, pas mettre mal à l’aise.

Petites astuces (pas des tricheries) pour mieux jouer
On ne contrôle pas tout au pouilleux. Il y a une grosse part de hasard. Mais il y a quand même deux ou trois réflexes qui aident.
1. Retirer ses paires correctement, sans en oublier
Ça a l’air bête, mais c’est le point numéro un. Si vous oubliez une paire, vous gardez des cartes pour rien, et vous augmentez vos chances de finir avec le valet de pique. Prenez dix secondes, classez par valeur et par couleur, et retirez tout.
2. Observer la table
Même si on ne voit pas les mains, on voit quelles paires sortent. Si vous remarquez que beaucoup de cartes rouges d’une valeur ont été posées, ça donne des indices sur ce qui circule encore.
Ça ne permet pas de deviner précisément, mais ça donne une sensation de contrôle. Et au pouilleux, la sensation de contrôle, c’est déjà énorme.
3. Ne pas « offrir » une carte trop facilement
Quand quelqu’un pioche chez vous, vous tenez vos cartes. Vous pouvez les tenir serrées, ou les étaler. Sans tricher, vous pouvez éviter de rendre trop simple la pioche de la carte que vous redoutez.
C’est subtil. Ça fait partie du jeu social, du petit bluff silencieux. Et c’est souvent là que les gens rigolent.
Pouilleux, poulet… on s’y perd un peu
On entend parfois « jeu du poulet » à la place du pouilleux, selon les régions ou les habitudes. Ce ne sont pas toujours exactement les mêmes règles, mais dans l’esprit, on reste sur des jeux rapides, faciles à comprendre, parfaits pour une soirée d’hiver quand on veut juste faire quelque chose ensemble sans se prendre la tête.
Si vous cherchez d’autres règles proches, ou si chez vous on vous a appris « le poulet » et vous voulez comparer, ça vaut le coup de regarder une explication dédiée, parce que les variantes peuvent être assez différentes selon les groupes.
En résumé
La règle du pouilleux, c’est :
- Retirer le valet de trèfle (version classique).
- Distribuer toutes les cartes.
- Retirer toutes ses paires (même valeur + même couleur).
- À tour de rôle, piocher une carte au hasard chez le joueur de gauche.
- Poser une paire si on en forme une.
- Continuer jusqu’à ce qu’il ne reste qu’une carte en jeu.
- Le joueur qui garde le valet de pique est le pouilleux.
Et c’est ça qui est agréable. Une règle simple, une ambiance légère, et ce petit moment à la fin où tout le monde retient son souffle pour voir qui va se faire coincer avec ce fichu valet de pique.
Questions fréquemment posées
Qu'est-ce que le jeu du pouilleux ?
Le pouilleux est un jeu de cartes simple et convivial où le but est de se débarrasser de toutes ses cartes en formant des paires, tout en évitant d'être le dernier à garder le valet de pique, appelé "le pouilleux".
De quoi a-t-on besoin pour jouer au pouilleux ?
Pour jouer au pouilleux, il faut un jeu de 52 cartes (dont une carte est retirée avant la partie), et entre 2 à 8 joueurs, idéalement 3 à 6.
Comment prépare-t-on une partie de pouilleux ?
Avant de distribuer les cartes, on retire généralement le valet de trèfle du paquet pour obtenir 51 cartes. Ensuite, toutes les cartes sont distribuées équitablement aux joueurs.
Comment forme-t-on des paires dans le jeu du pouilleux ?
Une paire est composée de deux cartes ayant la même valeur et la même couleur : cœurs avec carreaux (rouges) et trèfles avec piques (noires). Par exemple, dame de cœur + dame de carreau forment une paire.
Comment se déroule une manche au pouilleux ?
Chaque joueur, à son tour, pioche une carte au hasard dans la main du joueur à sa gauche sans regarder. Il vérifie ensuite s'il peut former une paire avec cette carte. Si oui, il pose la paire ; sinon, il garde la carte. Le jeu continue ainsi dans le sens des aiguilles d'une montre.
Quelle est l'importance du valet de pique dans le jeu du pouilleux ?
Le valet de pique est la carte "maudite" du jeu. Le joueur qui termine la partie en gardant cette carte devient "le pouilleux", c'est-à-dire celui qui perd la partie.

