Le Papayoo, c’est un jeu de cartes qui a l’air tout gentil au début. Des couleurs vives, des dessins un peu marrants, des règles simples, presque familiales. Et puis au bout de quelques plis, tu comprends. Ce n’est pas un jeu où tu gagnes en faisant des gros coups. Tu gagnes en évitant les ennuis. En anticipant. En laissant les autres ramasser les points, surtout les très mauvais points.
L’objectif est clair : faire le moins de points possible. Et comme souvent, ce genre d’objectif change tout. Tu ne « prends » pas un pli fièrement. Tu le crains. Tu le subis parfois. Et tu fais tout pour que ce soit quelqu’un d’autre qui se le coltine.
Dans cet article, je te détaille la règle du Papayoo, étape par étape, sans te noyer dans un règlement trop scolaire. On va au concret, avec les subtilités qui font vraiment la partie.
Matériel et composition du jeu
Pour jouer, il te faut :
- 1 dé à 8 faces
- 40 cartes numérotées de 1 à 10 dans 4 couleurs (Piques, Cœurs, Carreaux, Trèfles)
- 20 cartes « Payoo » numérotées de 1 à 20
Le jeu se joue de 2 à 8 joueurs. Et c’est assez rare pour être dit : il tourne bien à plein de configurations. À 3 ou 4, tu as plus de lecture. À 6 ou 8, c’est plus chaotique, donc plus drôle, mais aussi plus difficile à contrôler.
Valeur des cartes et comptage des points
C’est ici que Papayoo devient spécial.
- Les cartes de couleurs (1 à 10) n’ont aucune valeur en points. Elles servent juste à jouer les plis.
- Les cartes Payoo (1 à 20) valent leur valeur en points. Une Payoo 12 vaut 12 points. Voilà.
- La carte Papayou, elle, vaut 40 points. Et c’est la catastrophe ambulante de chaque manche.
Et la carte Papayou, ce n’est pas une carte unique imprimée « Papayou ». C’est une des quatre cartes « 7 » des couleurs (le 7 de Piques, ou le 7 de Cœurs, etc.), et sa couleur change à chaque manche.
Oui. Tu peux avoir des habitudes sur « le 7 de Cœurs est dangereux », et la manche d’après, non, c’est un autre 7 qui devient toxique. Ça garde tout le monde éveillé.
Mise en place et distribution des cartes
La distribution varie selon le nombre de joueurs, et selon la manche. C’est un point important : le jeu n’est pas figé.
En pratique, le jeu prévoit des répartitions qui font que tout le paquet n’est pas forcément en jeu pareil à chaque manche, surtout quand on n’est pas 4. Exemple donné souvent : à 3 joueurs, chacun reçoit 20 cartes, mais il y a un « écart » de 5 cartes entre chaque joueur dans la distribution. Dit autrement, on ne distribue pas simplement 20 cartes à la suite, on alterne avec des cartes mises de côté selon un schéma. Ça change un peu les probabilités, et ça évite certaines répétitions de mains.
Si tu joues « à la maison » sans te prendre la tête, tu peux suivre la règle officielle de ton jeu (souvent indiquée dans la notice avec un tableau). Mais retiens juste l’idée : le nombre de cartes distribuées, et parfois la façon de distribuer, dépend du nombre de joueurs et de la manche.
Phase d’échange : la défausse au voisin
Avant de jouer le moindre pli, il y a une phase qui fait tout le sel du Papayoo : l’échange.
Chaque joueur choisit un certain nombre de cartes de sa main et les passe face cachée au joueur à sa gauche. Le nombre de cartes à passer dépend du tour ou du nombre de joueurs, selon la variante indiquée par la règle de ton set. Dans beaucoup de parties, on reste sur un nombre fixe par manche, mais certains groupes utilisent une variation.
Le point crucial : tu choisis tes cartes à donner avant de regarder celles que tu reçois.
Donc tu fais un pari. Tu essaies d’alléger ta main des cartes qui vont te tuer plus tard, sans trop offrir une main parfaite à ton voisin. Et ça, c’est subtil, parce que parfois tu donnes une carte horrible, et tu récupères pire.
Ensuite seulement, tu prends les cartes que ton voisin de droite t’a données, et tu les ajoutes à ta main.
Petit conseil simple mais très réel : pendant cette phase, fais attention à ne pas éliminer une couleur entièrement, sauf si tu sais ce que tu fais. Ne plus avoir une couleur peut te donner de la liberté pour te défausser. Mais ça peut aussi te forcer à couper au mauvais moment, et te faire ramasser le pli que tu ne voulais surtout pas.

Détermination de la couleur Papayou
À chaque manche, on lance le dé à 8 faces. Le résultat indique une couleur, et donc le « 7 » de cette couleur devient la carte Papayou.
- Si le dé indique Piques : le 7 de Piques vaut 40 points.
- Si le dé indique Cœurs : le 7 de Cœurs vaut 40 points.
- Etc.
Selon les éditions, le dé peut afficher les symboles des couleurs, parfois avec des jokers ou des indications spéciales. Mais l’idée reste : la couleur Papayou change.
Et c’est ça qui garde le jeu vivant. Tu ne joues pas toujours contre « les Cœurs » comme dans d’autres jeux de plis. Tu joues contre une menace mobile.
Déroulement d’un pli
Un joueur commence. Il joue une carte face visible.
Les autres joueurs, dans le sens du jeu, doivent ensuite :
- suivre la couleur si possible, donc jouer une carte de la même couleur que la carte menée ;
- sinon, s’ils n’ont pas cette couleur, ils peuvent jouer n’importe quelle carte.
À Papayoo, il n’y a pas d’atout. Pas de couleur qui écrase tout. C’est vraiment un jeu de « couleur suivie » et de positionnement.
Ensuite, on détermine qui remporte le pli.
Qui gagne le pli ?
Le pli est remporté par le joueur qui a joué la carte la plus forte dans la couleur demandée, c’est à dire la couleur de la première carte du pli.
Donc, si le pli commence par un Trèfle, seul le Trèfle compte pour gagner. Les autres couleurs jouées parce que quelqu’un ne pouvait pas suivre ne servent pas à gagner, même si ce sont des gros numéros.
Et il y a une règle qui surprend la première fois : si personne d’autre ne suit la couleur, c’est le joueur qui a mené le pli qui le gagne automatiquement. Logique, en fait, puisqu’il est le seul à avoir joué dans la couleur demandée.
Le gagnant du pli ramasse toutes les cartes du pli, les pose devant lui (face cachée ou en pile), et il entame le pli suivant.
Tu commences à voir le dilemme, oui : gagner le pli te donne la main, c’est utile. Mais gagner le pli te fait aussi ramasser des points potentiels. Et les points, on n’en veut pas.
Les cartes qui comptent dans un pli
Dans les plis ramassés, tu vas surtout surveiller :
- les cartes Payoo (1 à 20) qui ajoutent directement des points ;
- la carte Papayou (le 7 de la couleur choisie) qui ajoute 40 points.
Les autres cartes n'ajoutent rien au score. Elles sont juste « du bruit » dans les plis. Mais elles servent à fabriquer des situations où quelqu'un sera obligé de prendre Payoo et Papayou.
Donc même si elles ne valent rien, elles sont loin d'être inutiles.
Fin de manche et calcul des scores
Quand toutes les cartes de la main ont été jouées, la manche se termine. Chaque joueur compte les points contenus dans les plis qu'il a remportés :
- somme des Payoo récupérées ;
- 40 points si le Papayou est dans ses plis.
La règle classique du jeu précise un contrôle : le total des points Payoo (1 à 20) fait 210 points, et en ajoutant les 40 points du Papayou, on arrive à 250 points au total pour la manche. Donc, normalement, si tu additionnes les scores de tous les joueurs, tu dois tomber sur 250. C'est un bon moyen de vérifier qu'aucune carte n'a été oubliée, ou qu'un pli n'a pas été compté.
Ensuite, chaque joueur ajoute ce score au total de ses manches précédentes.
Et on recommence une nouvelle manche.

Comment gagne t on au Papayoo ?
Après un nombre de manches décidé à l’avance (par exemple 5, 8, 10, ou jusqu’à un total de points), la partie s’arrête.
Le gagnant est le joueur avec le plus petit score cumulé.
Ça peut être très serré. Souvent, une seule Papayou prise au mauvais moment suffit à ruiner une bonne partie. Et inversement, quelqu’un qui semblait largué peut revenir si les autres se partagent mal les Payoo en fin de manche.
Petites subtilités qui changent tout
Papayoo est accessible, oui. Mais il y a des décisions qui reviennent tout le temps, et qui font la différence.
1. Les premiers plis ne sont pas « gratuits »
On entend parfois : « Au début, prends quelques points, ce n’est pas grave. » Ce n’est pas complètement faux. Les enjeux sont plus bas quand personne n’a encore accumulé trop de score.
Mais attention : accumuler des Payoo tôt, c’est aussi se mettre en position de faiblesse psychologique. Tu joues plus crispé. Tu commences à éviter tout. Et tu deviens lisible. Donc oui, tu peux accepter un petit pli à 3 ou 4 points si ça t’évite de prendre le 40 plus tard. Mais ne te mets pas dans un trou volontairement.
2. La phase d’échange est une attaque déguisée
Donner ses cartes, ce n’est pas juste « se débarrasser ». C’est aussi influencer la main du voisin.
Tu peux par exemple donner des cartes d’une couleur où tu pressens que le voisin sera court, ou lui donner des cartes qui l’obligeront à suivre, donc à prendre des plis. Et parfois tu te loupes, évidemment. C’est un jeu vivant.
3. Couper une couleur, c’est puissant… et dangereux
Ne plus avoir de Cœurs, par exemple, te permet de jeter des Payoo ou même le Papayou dès qu’un Cœur est mené, si quelqu’un d’autre mène cette couleur. Tu peux t’en servir pour te décharger.
Mais tu peux aussi te retrouver à jeter une carte forte hors couleur, sans contrôler qui gagne le pli. Et tu peux offrir des plis « propres » à quelqu’un qui veut la main.
Donc, ce n’est pas une règle, c’est une tension permanente.
4. La carte Papayou n’est pas toujours perdante… si tu la places bien
Prendre 40 points, c’est horrible. Mais il y a des situations où tu préfères prendre le 40 seul, plutôt que de prendre 40 plus une Payoo 18 et une Payoo 15, parce que le pli était déjà bourré de points.
Oui, ça fait mal à écrire. Mais en partie, ça arrive.
Résumé rapide des règles
Si tu veux une version ultra simple à relire avant de lancer une partie :
- On distribue les cartes selon le nombre de joueurs et la manche.
- Chaque joueur donne un certain nombre de cartes face cachée à gauche, puis récupère celles venant de droite.
- On lance le dé : la couleur indiquée fait du 7 correspondant le Papayou, qui vaut 40 points.
- On joue des plis : on suit la couleur si possible, sinon on jette ce qu’on veut.
- Le plus grand numéro dans la couleur demandée remporte le pli et rejoue.
- En fin de manche, on compte : Payoo récupérées + 40 si Papayou récupéré. Total des points de la manche : 250.
- Après plusieurs manches, le plus petit score cumulé gagne.
Pour finir
Papayoo, c’est un jeu qui se comprend en cinq minutes, mais qui te colle au cerveau plus longtemps que prévu. Parce qu’il y a ce mélange très particulier : un peu de chance à la distribution, beaucoup de lecture des autres, et cette phase d’échange qui crée des petites trahisons très propres. Personne ne peut se plaindre, c’est dans les règles.
Et si tu veux un dernier conseil, vraiment basique mais utile : surveille toujours où pourrait tomber la Papayou. Pas seulement « je l’ai, je veux la donner ». Plutôt : qui est en train de gagner des plis, qui mène quelles couleurs, et qui risque de se faire piéger au moment où cette carte sort. Parce que cette carte sortira. Et quelqu’un va la prendre. Autant que ce ne soit pas toi.
Questions fréquemment posées
Qu'est-ce que le jeu de cartes Papayoo ?
Le Papayoo est un jeu de cartes aux couleurs vives et aux dessins amusants, où l'objectif principal est d'éviter les points en anticipant et en laissant les autres joueurs ramasser les plis, notamment ceux contenant des cartes à forte valeur négative.
Quels sont les composants nécessaires pour jouer au Papayoo ?
Pour jouer au Papayoo, il faut un dé à 8 faces, 40 cartes numérotées de 1 à 10 dans quatre couleurs (Piques, Cœurs, Carreaux, Trèfles), et 20 cartes « Payoo » numérotées de 1 à 20. Le jeu se joue de 2 à 8 joueurs.
Comment sont valorisées les cartes dans le Papayoo ?
Dans Papayoo, les cartes de couleurs (1 à 10) n'ont aucune valeur en points et servent uniquement à jouer les plis. Les cartes Payoo valent leur valeur numérique en points, tandis que la carte Papayou (un des quatre 7 dont la couleur change chaque manche) vaut 40 points, représentant un véritable danger.
Comment se déroule la distribution des cartes selon le nombre de joueurs ?
La distribution des cartes varie selon le nombre de joueurs et la manche. Par exemple, à 3 joueurs, chacun reçoit 20 cartes avec un écart de 5 cartes entre chaque joueur pour modifier les probabilités. Le nombre et la façon de distribuer les cartes s'adaptent donc pour équilibrer le jeu.
Quelle est la phase d'échange dans une partie de Papayoo ?
Avant de commencer à jouer les plis, chaque joueur choisit un certain nombre de cartes à passer face cachée au joueur à sa gauche. Ce nombre dépend du tour ou du nombre de joueurs. On choisit ses cartes avant de recevoir celles du voisin, ce qui ajoute une dimension stratégique importante.
Pourquoi faut-il craindre plutôt que chercher à prendre des plis dans Papayoo ?
Dans Papayoo, contrairement à beaucoup d'autres jeux, on cherche à faire le moins de points possible. Prendre un pli signifie souvent subir des points négatifs. Ainsi, on craint les plis et fait tout pour que ce soit un autre joueur qui les prenne, ce qui change complètement la dynamique du jeu.

