Même objectif, même tension quand il ne vous reste qu’une carte, même petite jubilation quand vous placez une carte qui embête tout le monde.

Mais justement, comme c’est un jeu « traditionnel », il existe plein de variantes. Des familles qui jouent avec des règles maison. Des groupes d’amis qui ajoutent des effets. Des versions où les 8 ne servent pas à la même chose, où les Jokers n’existent même pas. Bref.

Ici, je vous donne une règle claire, jouable tout de suite, très proche de celle que beaucoup pratiquent, et qui fonctionne parfaitement à 2, 3, 4 ou 5 joueurs.

Le matériel et le nombre de joueurs

Pour jouer au 8 américain, il vous faut :

  • Un jeu classique de 52 cartes
  • Minimum 2 joueurs, maximum 5 joueurs
  • Optionnel : un deuxième jeu de 52 cartes si vous êtes nombreux ou si vous aimez les parties longues sans trop recycler la défausse

C’est tout. Pas besoin de plateau, pas besoin de jetons.

Le but du jeu

Le but est simple : se débarrasser de toutes ses cartes.

Le premier joueur à n’avoir plus aucune carte gagne la manche. Ensuite, on compte les points des cartes restantes chez les autres joueurs, et on enchaîne les manches jusqu’à atteindre un total (souvent 500 points).

Mise en place d’une partie

  1. Choisissez un donneur (au hasard, ou celui qui a perdu la manche précédente, comme vous voulez).
  2. Le donneur distribue 7 cartes à chaque joueur, face cachée.
  3. Le reste des cartes forme la pioche, posée au centre.
  4. Le donneur retourne la première carte de la pioche et la pose à côté : c’est la défausse (ou talon).

Petite règle importante : si la première carte retournée est une carte spéciale, on en retourne une autre. On veut démarrer sur une carte « normale », pour éviter un départ bizarre où quelqu’un se prend un +4 dès la première seconde.

Comment jouer un tour (règle de base)

Le joueur à gauche du donneur commence. Puis on joue dans le sens horaire, sauf si une carte vient changer le sens.

À votre tour, vous devez poser une carte sur la défausse si elle respecte au moins une de ces conditions :

  • même couleur que la carte au sommet de la défausse
  • même valeur (même rang) que la carte au sommet
  • ou une carte spéciale (selon les règles ci dessous)

Exemple simple : la carte visible est un 3 de cœur. Vous pouvez poser :

  • n’importe quel cœur
  • n’importe quel 3
  • ou une carte spéciale (par exemple un 8)
Jeu de UNO.

Et si vous ne pouvez pas jouer ?

Si vous ne pouvez pas poser de carte :

  1. Vous piochez une carte.
  2. Si cette carte est jouable immédiatement, vous pouvez la poser tout de suite.
  3. Sinon, vous la gardez en main et vous passez votre tour.

Ça rend le jeu assez fluide. Pas besoin de piocher 3 cartes d’un coup ou d’attendre un tour entier avant de pouvoir poser la carte piochée. Là, c’est direct.

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Les cartes spéciales (et leurs effets)

Dans cette version du 8 américain, les cartes spéciales sont les suivantes :

Le 8 : changer de couleur

Le 8 est la star du jeu. Vous pouvez le jouer à n’importe quel moment, même si sa couleur ou sa valeur ne correspond pas.

Quand vous posez un 8, vous annoncez la couleur que le prochain joueur devra respecter (cœur, carreau, trèfle, pique).

Exemple : vous posez un 8 et vous dites « cœur ». Le joueur suivant devra jouer un cœur (ou un autre 8, ou une carte autorisée par vos variantes).

C’est l’équivalent du « joker couleur » au Uno.

Le Joker : +4 cartes

Le Joker fait piocher 4 cartes au joueur suivant.

En général, le joueur qui subit le +4 ne joue pas de carte sur ce tour, il pioche et son tour est consommé. Après, la partie continue normalement.

Attention : il existe des tables où l’on autorise à « contrer » un Joker par un autre Joker. Ce n’est pas obligatoire. Si vous voulez un jeu simple, ne l’autorisez pas. Si vous voulez du chaos, autorisez le. Mais annoncez le avant de lancer la partie, sinon ça discute.

Le 2 : +2 cartes

Le 2 fait piocher 2 cartes au joueur suivant.

Même logique que pour le Joker : généralement, il pioche et perd son tour.

Là aussi, certaines variantes autorisent l’empilement (un joueur pose un 2 sur un 2 pour renvoyer la punition). Dans cette règle, on reste simple : effet immédiat, pas d’empilement, sauf si votre groupe veut explicitement l’ajouter.

Le Valet : sauter un tour

Le Valet fait sauter le tour du joueur suivant.

Donc vous posez un Valet, et la personne après vous est « skip ». On passe au joueur d’après.

L’As : changer le sens du jeu

L’As inverse le sens de jeu.

  • Si on jouait dans le sens horaire, on passe en anti horaire.
  • Si on jouait en anti horaire, on revient au sens horaire.

À 2 joueurs, cette carte devient un peu particulière, parce que changer le sens revient souvent à rejouer sur la même personne. Beaucoup de gens choisissent de considérer que, à 2 joueurs, l’As agit comme un Valet (il fait sauter). Là encore, décidez avant. Si vous voulez appliquer strictement « inversion de sens », faites le, mais attendez vous à des mini boucles.

L’annonce « carte » quand il ne reste qu’une carte

Quand un joueur n’a plus qu’une seule carte en main, il doit annoncer à voix haute : « carte ».

C’est l’équivalent du « Uno » au Uno. Et c’est important.

  • Si le joueur oublie de le dire
  • et qu’un autre joueur s’en rend compte (et le signale)
  • alors le joueur fautif pioche 2 cartes de pénalité.

Ça garde la pression, et ça évite les fins de manche trop silencieuses.

Petite précision pratique : en général, l’annonce doit être faite immédiatement après avoir posé l’avant dernière carte, pas trois tours plus tard. Soyez un peu fair play, mais pas trop.

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Fin de manche

La manche se termine quand un joueur pose sa dernière carte. Il gagne la manche.

Ensuite, on compte les points de toutes les cartes restantes chez les autres joueurs, et on ajoute ces points au total du joueur gagnant (ou parfois, on ajoute au total de chaque perdant, selon la variante). Dans la règle ci dessous, on va utiliser une logique simple : on fait un comptage sur les cartes des joueurs restants, puis on cumule jusqu’à 500.

Que faire si la pioche est épuisée ?

Ça arrive, surtout si les gens piochent beaucoup ou si vous jouez à 5.

Quand la pioche est vide :

  • on garde uniquement la première carte visible de la défausse (celle du dessus)
  • on mélange le reste du tas de défausse pour recréer une nouvelle pioche

Et on continue.

Ça évite de bloquer la partie. Et ça arrive plus souvent qu’on ne le pense.

Comptage des points au 8 américain

Le comptage, c’est ce qui transforme une partie sympa en vrai mini championnat. Vous pouvez jouer « à la cool » en ne faisant pas de points, juste manche par manche. Mais si vous voulez une partie complète, voici un barème très utilisé (et cohérent avec l’idée que les cartes spéciales valent cher) :

  • Cartes normales (3, 4, 5, 6, 7, 9) : valeur numérale
  • Roi ou Dame : 10 points
  • Valet, As, 2 : 20 points
  • 8 et Joker : 50 points

Oui, 50. Parce que le 8 est trop puissant, et le Joker aussi. Et si vous comptez 8 = 8 points, tout le monde garde ses 8, ça casse un peu l’intérêt stratégique.

Quand s’arrête la partie ?

La partie s’arrête quand un joueur atteint 500 points (ou dépasse).

Et le gagnant final est le joueur qui a le moins de points.

Ça peut surprendre, parce que certains jeux font l’inverse. Mais dans cette règle, on vise à rester bas. Donc il faut survivre, éviter de finir avec des gros 8 ou des Jokers en main, et choisir quand accélérer une manche ou quand freiner.

Déroulé d’une manche, en vrai, pour visualiser

Juste pour que ce soit concret.

  • Vous avez 7 cartes.
  • La première carte au centre est un 5 de trèfle.
  • Le joueur 1 pose un trèfle.
  • Le joueur 2 n’a pas de trèfle, mais il a un 5 : il pose son 5.
  • Le joueur 3 ne peut pas jouer : il pioche, tombe sur un cœur, pas jouable, il passe.
  • Le joueur 4 pose un Valet (parce que dans cette règle, il est spécial et peut être joué comme une carte compatible si sa couleur ou valeur match, ou si vous l’autorisez comme spéciale jouable selon votre table, la plupart des gens le jouent quand il peut être joué normalement). Le joueur suivant saute.
  • Plus tard, quelqu’un pose un 8 et annonce « pique ».
  • Tout le monde soupire. Classique.

Et voilà. C’est ça, le 8 américain. Très simple à apprendre, mais ça peut devenir très méchant si les cartes spéciales sortent au bon moment.

Variantes courantes (à décider avant de jouer)

Je les mets ici parce que, soyons honnêtes, c’est souvent là que ça part en débat.

  • Empilement des +2 et +4 : autoriser qu’un joueur réponde par un 2 ou un Joker pour « renvoyer » la pioche au suivant.
  • Contre Joker : un Joker peut être contré par un Joker.
  • Finir par une carte spéciale : certaines tables interdisent de finir sur un Joker ou un 8, d’autres l’autorisent.
  • As à 2 joueurs : As = inversion stricte, ou As = saute tour.

Mon conseil : si vous jouez avec des gens qui découvrent, restez sur la règle simple, sans empilement. Et si vous jouez entre habitués qui aiment se piéger, ajoutez une ou deux variantes, pas dix.

Petit rappel rapide (la règle en version courte)

  • 7 cartes par joueur
  • jouer même couleur, même valeur, ou carte spéciale
  • si impossible : piocher 1, la poser si jouable sinon passer
  • 8 : change de couleur
  • Joker : +4
  • 2 : +2
  • Valet : saute
  • As : change le sens
  • annoncer « carte » à 1 carte restante, sinon +2
  • points : numérales = valeur, Roi/Dame = 10, Valet/As/2 = 20, 8/Joker = 50
  • fin de partie : à 500 points, le moins de points gagne

Et après… vous lancez la première manche. Vous verrez, au bout de 5 minutes, tout le monde a compris. Au bout de 20 minutes, tout le monde a déjà sa petite stratégie. Et au bout d’une heure, quelqu’un accuse forcément quelqu’un d’autre de « garder ses 8 depuis le début ». Normal. C’est le 8 américain.

Questions fréquemment posées

Qu'est-ce que le 8 américain et en quoi ressemble-t-il au Uno ?

Le 8 américain est un jeu de cartes traditionnel très similaire au Uno, souvent considéré comme l'un de ses ancêtres directs. Il partage le même objectif de se débarrasser de toutes ses cartes, la tension quand il ne reste qu'une carte, et la satisfaction de poser une carte stratégique.

Quel matériel est nécessaire pour jouer au 8 américain et combien de joueurs peuvent participer ?

Pour jouer au 8 américain, il vous faut un jeu classique de 52 cartes. Le nombre de joueurs peut varier de 2 à 5. Optionnellement, un deuxième jeu de 52 cartes peut être utilisé pour des parties plus longues ou avec plus de joueurs.

Quel est le but du jeu dans le 8 américain ?

Le but du jeu est simple : être le premier joueur à se débarrasser de toutes ses cartes. Le gagnant marque des points en fonction des cartes restantes chez les autres joueurs, et les manches se succèdent jusqu'à atteindre un total généralement fixé à 500 points.

Comment se déroule une partie de 8 américain ?

Après avoir choisi un donneur qui distribue 7 cartes à chaque joueur, le reste forme la pioche. La première carte retournée forme la défausse. Les joueurs jouent à tour de rôle dans le sens horaire en posant une carte qui correspond soit par couleur, soit par valeur, ou une carte spéciale. Si un joueur ne peut pas jouer, il pioche une carte et peut la poser immédiatement si elle est jouable.

Quelles sont les règles spécifiques concernant les cartes spéciales dans le 8 américain ?

Dans cette version, les cartes spéciales sont notamment le 8 et le Joker. Le 8 peut être joué à tout moment et permet au joueur d'annoncer la couleur que doit respecter le joueur suivant. Le Joker force le joueur suivant à piocher 4 cartes et son tour est sauté.

Comment gérer le début du jeu si la première carte retournée est une carte spéciale ?

Si la première carte retournée lors de la mise en place est une carte spéciale (comme un +4), on retourne une autre carte afin d'éviter un départ déséquilibré où un joueur serait pénalisé dès la première seconde. On souhaite commencer sur une carte normale.